LES SAINTES ECRITURES

ET

LA PAROLE DE DIEU

Introduction

La phrase « La Parole de Dieu » apparaît environ 50 fois dans le Nouveau Testament, et est utilisée de nombreuses fois par les Chrétiens dans les livres, les sermons et les discours ordinaires. Est-ce que les Chrétiens utilisent cette phrase dans le même sens que celui que donne la Bible ? Je pense que NON. Est-ce que c’est important ? Je crois que OUI.

Il est dangereux d’utiliser n’importe quelle phrase ou mot dans un sens différent de celui de la Bible. Faire ceci est généralement la conséquence d’une mauvaise interprétation d’une vérité spirituelle, et cette mauvaise interprétation se renforce et se perpétue dans le temps. Par exemple, les gens qui emploient le mot prêtre pour désigner un membre ordinaire d’une quelconque dénomination, sont généralement ignorants de la vraie nature de la prêtrise. Ceux qui continuellement emploient le mot église pour désigner un bâtiment ou une dénomination, ont habituellement une petite idée de la véritable église de Dieu.

Nous ne pouvons pas nous permettre d’adapter le sens des mots et des phrases utilisés dans la Bible pour satisfaire nos propres traditions. Il est vain de croire en l’inspiration et l’autorité des Saintes Ecritures et d’employer les mots dans un sens complètement différent de l’original.

La formulation commune de la phrase « La Parole de Dieu » ou souvent, plus simplement « La Parole » signifie la Bible. C’est une terminologie courante pour tous ceux qui croient dans l’inspiration et l’autorité de la Bible.

En tout premier lieu, j’espère montrer que, dans la Bible elle-même, la phrase la Parole de Dieu ne signifie pas la Bible, mais a un sens différent ; puis, nous explorerons la signification et l’action de la Parole de Dieu ; après cela, nous chercherons à redécouvrir la place et l’usage exacts des Saintes Ecritures. Puisse le Saint-Esprit nous en donner l’interprétation !

Clarification

« La Bible est la Parole de Dieu ». « La Parole de Dieu est la Bible ». Ces deux affirmations semblent dire la même chose, mais toute personne qui étudie la logique vous dira que c’est faux. Tous les chiens sont des animaux, c’est vrai. Tous les animaux sont des chiens, c’est évidemment faux. Tous les criminels sont des êtres humains, c’est vrai. Tous les êtres humains sont des criminels c’est, fort heureusement, faux. Je ne suis pas en train de dire que la Bible n’est pas la parole de Dieu. Je dis que la parole de Dieu n’est pas essentiellement, de prime abord, la Bible. La Bible ne jamais se définir elle-même, en tant que telle, comme la parole de Dieu.

LA PAROLE DE DIEU DANS LES SAINTES ECRITURES

C’est probablement dans Matthieu chapitre 15 que l’appellation de Parole de Dieu pour désigner la Bible soit la plus ancienne, avec un passage presque identique dans Marc chapitre 7. Cela vaut la peine de citer le passage en entier :

Jésus dit : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition? Car Dieu a dit: ‘Honore ton père et ta mère’; et: ‘Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.’ Mais vous, vous dites: Celui qui dira à son père ou à sa mère: ‘Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu,’ n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. »

Au premier abord, nous pourrions interpréter ici la Parole de Dieu comme signifiant les Saintes Ecritures. Cependant, à l’examen, nous découvrons qu’elle se réfère spécifiquement à ce que Dieu dit effectivement, sa parole à Moïse pour tout Israël et pour le monde, « Honore ton père et ta mère ». Jésus n’était pas en train d’utiliser la phrase au sens général des Saintes Ecritures prises dans leur ensemble.

A l’encontre de ce verset un, il y a plusieurs passages où la Parole de Dieu ne peut faire allusion aux Saintes Ecritures. Par exemple, « ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance » (Actes 4 : 31). « ils annoncèrent la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs » (Actes 13 : 5). « C’est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée » (Actes 13 : 46). « pour annoncer sans crainte la parole » (Philippes 1 : 14), « La parole de Dieu n’est pas liée » (2 Timothée 2 : 9), et par-dessus tout « la parole s’est faite chair et a habité parmi nous » (Jean 1 : 14) ainsi que «son nom est appelé la parole de Dieu » (Apocalypse 19 : 13).

Dans Actes 17 : 11, la parole et les Ecritures apparaissent dans le même verset « ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures ». La parole, dans ce contexte, ne peut pas vouloir dire les Ecritures.

L’Ancien Testament hébraïque est divisé en 3 parties, la Loi ( Torah), les Prophètes (Neviim) et les Ecrits (Ktuvim). Quand les écrivains du Nouveau Testament parlent de l’ancien, ils utilisent le mot Ecrits (en grec, γραφαι - graphai – habituellement traduit par les Ecritures) prises dans leur ensemble. Ils se réfèrent aussi particulièrement à la Loi et les Prophètes. Ils n’utilisent jamais la phrase « la parole de Dieu ».

Dans l’Ancien Testament, le psaume 119 peut sembler encourager l’idée de référence aux Saintes Ecritures prises dans leur ensemble pour la parole de Dieu. Quasiment 176 versets contiennent l’un des mots suivants : « loi, témoignages, cheminements, préceptes, décrets, commandements, jugements, parole, règles. » Cela confère un peu de crédit à l’équivalence d’usage du mot « parole » pour loi, témoignages, commandements, etc., mais guère assez pour justifier de la référence à toute la Bible comme la parole de Dieu.

Pour résumer : la Bible se définit elle-même comme les Ecritures, les Saintes Ecritures, ou en partie la loi ou les prophètes, mais elle ne s’intitule jamais « La Parole de Dieu ». Dans ses pages, cette phrase a une signification différente. La Bible se définit comme un livre inspiré par le Saint-Esprit et ayant une autorité entièrement divine, et ne m’autorise à aucune interprétation possible de ces vérités.

VERITABLE SIGNIFICATION DE « LA PAROLE »

Si la Parole de Dieu ne veut pas dire la Bible, que signifie-t-elle ?

La plus grande Parole que Dieu ait jamais utilisée est son Fils. Jésus est la manifestation suprême de la parole de Dieu. L’apôtre Jean commença son évangile par « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu ». Plus loin, dans le même chapitre, nous lisons : « et le Verbe devint chair et habita parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire du seul fils engendré du Père, plein de grâce et de vérité ». Le Livre de l’Apocalypse 19 : 13 donne à Jésus le même titre « Son nom est la Parole de Dieu ». Hébreux 1 : 1 et 11 : 3 ont la même signification : « Dieu … en ces derniers temps nous a parlé par son Fils … par l’intermédiaire duquel aussi il fit le monde ». « Par la foi, nous comprenons que le monde fut créé par la parole de Dieu ».

Jésus est la manifestation suprême et centrale de la parole de Dieu. Toute autre expression de la parole lui fait référence. La phrase « la parole de Dieu » dans les Ecritures est aussi utilisée pour décrire tout ce que Dieu dit à quelqu’un ou par l’intermédiaire de quelqu’un. Par exemple, « la parole du Seigneur s’adressa à Moïse », « la parole de Dieu s’adressa à Jean dans le désert », « la parole du Seigneur à Israël, par l’intermédiaire de Malachie » ou «les paroles qu’Amos reçut concernant Israël ».

Quand Dieu parle, c’est la parole de Dieu. Dans l’Ancien Testament, Dieu parlait directement aux prophètes. Il parlait aux autres par leur intermédiaire. Il parla aussi à travers d’évènements survenant dans la vie d’individus ou de la nation. Ce mode de fonctionnement se prolonge jusqu’à la Pentecôte, quand l’Esprit fut répandu au-dessus de toute chair. Le cercle de ceux à qui il veut parler directement est alors étendu à tous ceux qui croient. Ce n’est plus seulement quelques prophètes et leaders, mais le commun des mortels.

C’est contraire pas seulement aux Ecritures, mais aussi à la nature et à la raison de croire que Dieu souhaite se servir d’un livre pour sa première méthode de communication. Ecrire n’est pas en principe une bonne manière pour communiquer car c’est statique et inchangeable. Dans bien des circonstances, parler est préférable, et je devrais dire 90% de la communication humaine est faite de cette manière. Ecrire est préférable uniquement quand vous voulez un rapport qui résiste au temps. L’écriture supplée aux failles de la mémoire humaine et permet de faire face à la confrontation.

Plusieurs autres facteurs confirment que la Bible n’est pas la méthode première de Dieu pour communiquer. Seule une minorité d’êtres humains, et pas même tous les Chrétiens possèdent une Bible. Avant la grande avancée de la littérature, au siècle dernier, le chiffre était peu élevé. Avant l’invention de l’imprimerie et la réforme, détenir une bible à titre privé était inimaginable, et toutes les bibles étaient de toutes façons en latin. Même pour les quelques privilégiés qui détiennent une bible de nos jours, il y a plusieurs problèmes. Nos bibles ne sont pas les mots originellement inspirés, mais des traductions très contestables. Même le meilleur savant ne peut pas commencer par connaître une langue ancienne aussi bien qu’un enfant dont c’est la langue maternelle, parce qu’il détient seulement une partie de cette langue de par ses études. L’érudit a un nombre limité de manuscrits anciens tandis que l’enfant est environné par un flot incessant de paroles. Même si les érudits connaissent le grec et l’hébreu aussi bien que nous connaissons le français, il lui est encore impossible de donner le sens exact dans une traduction d’une langue à une autre. Dieu a fixé des limites au merveilleux livre qu’il nous a donné parce qu’il a en réserve quelque chose de meilleur et de plus grand.

Soulignons encore que la voie première de Dieu pour parler à l’homme est celle du Saint-Esprit pour ceux qui ont des oreilles pour entendre, et transmettre alors à d’autres.

Quand les apôtres et les prophètes dans les Ecritures parlaient sous l’inspiration du Saint-Esprit, c’était Dieu qui parlait par leur intermédiaire. Ce qu’ils disaient était la parole de Dieu. Quand, de nos jours, un homme ou une femme parle sous l’inspiration du Saint-Esprit, c’est aussi la parole de Dieu pour quiconque Dieu veut la délivrer. Quand Dieu, par le Saint-Esprit, parle directement à nos coeurs pour donner un message, c’est aussi sa parole.

Quand Satan cita les Ecritures à Jésus dans le désert, ce n’était pas la parole de Dieu. C’était la parole de Satan. Quand les Ecritures sont cités de nos jours, c’est quelquefois la parole de Dieu à ceux qui l’entendent. Parfois, c’est seulement la parole d’un homme, et parfois même la parole de Satan.

UN ECLAIRAGE NOUVEAU SUR DES VERSETS BIEN CONNUS

Ainsi, la Parole de Dieu est Jésus lui-même, quelque soit ce que Dieu dit. Avec cette compréhension, nous découvrons beaucoup de passages des Ecritures sous un jour nouveau. Je vais prendre en compte certains d’entre eux, pour les autres vous pourrez les chercher vous-même avec une concordance.

« L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4 : 4).

Ce verset s’applique en premier lieu à Jésus. Combien il s’harmonise parfaitement avec ses propres paroles, « Je suis le pain de vie.. », « je suis le pain vivant descendu du ciel, quiconque mange de ce pain vivra… », et « Donne nous ce jour notre pain quotidien… ». Jésus est la nourriture spirituelle qui nous fait vivre. Quand Dieu nous parle nous recevons la vie. « Celui qui a le fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils n’a pas la vie » (1 Jean 5 : 12).

Une publication populaire de sentences bibliques en France est appelée « Le Pain de Vie ». Ce qui est impliqué dans le titre c’est que la Bible est notre nourriture spirituelle. Cette pensée est le développement logique du fait qu’on appelle la Bible la parole de Dieu. Beaucoup de gens, hélas, lisent la Bible chaque jour mais ne sont pas nourris, parce qu’ils n’ont jamais appris à se nourrir de Jésus. Jésus lui-même a dit : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! » (Jean 5 : 39,40). Les Pharisiens étaient de grands lecteurs et enseignants de la Bible, mais quand Jésus leur dit «si vous ne mangez ma chair et buvez mon sang, vous n’avez pas la vie », ils furent grandement offensés. Lire et étudier la Bible est une bonne chose. Mettre la Bible à la place de Jésus est de l’idolâtrie.

En second lieu, ce verset s’applique à toute parole prononcée sous l’inspiration du Saint-Esprit. Ceux qui entendent sont nourris, et leur nourriture est la parole de Dieu.

La nourriture est vitale pour la croissance. Pour la construction du corps de Christ, Dieu a pourvu par 5 ministères décrits dans Ephésiens 4. Un enfant spirituel a besoin d’apôtres, de prophètes, de pasteurs, d’enseignants et d’évangélistes pour se nourrir de la parole de Dieu et parvenir à maturité. Cependant, comme un enfant dans le monde naturel, il devra suivre une progression au fil du temps allant du lait à une nourriture solide jusqu’à ce qu’il arrive à maturité et soit capable de se nourrir lui-même.

« La parole de Dieu est plus vivante, puissante et aiguisée qu’une épée à deux tranchants » (Hébreux 4 : 12) .

Examinons ce verset. Premièrement, Jésus est vivant et tout pouvoir lui a été donné. Nous lisons dans le livre de l’Apocalypse que « hors de sa bouche sortait une épée à double tranchant ». Rien ne peut tenir devant lui. Deuxièmement, quand nous parlons sous l’inspiration du Saint-Esprit, nos mots sont vivants et puissants pour entrer dans le cœur des gens. Citer les Ecritures aux gens n’est pas un substitut au fait de prononcer la parole de Dieu.

« Ma parole … ne retournera pas à moi sans effet, sans avoir accompli ce pourquoi elle a été envoyée » (Esaïe 55 : 11).

Ce verset fut merveilleusement accompli en Jésus. Il quitta la présence de son Père pour prendre une forme humaine, souffrir et mourir, et ressusciter. Il ne retourna pas les mains vides vers le Père, mais apporta avec lui une grande multitude de frères. Il accomplit chaque dessein pour lequel Dieu l’avait envoyé.

Quand un homme, ou une femme, parle de nos jours la parole de Dieu, nous pouvons être sûrs que la parole n’est pas dite en vain, mais qu’elle accomplira les desseins de Dieu. Quelques serviteurs fidèles qui ont appris à prononcer la parole de Dieu accomplira beaucoup plus qu’une armée de volontaires qui savent seulement distribuer des Bibles et de la littérature chrétienne. Un tel travail est bon, mais prononcer la parole de Dieu est absolument d’un ordre plus haut.

« Né de nouveau … par la parole de Dieu qui est vivante et demeure à toujours » (1 Pierre 1 : 23) .

Quand l’ange Gabriel prononça la parole de Dieu à Marie, Jésus naquit en elle. La nouvelle naissance a lieu quand Jésus, Parole de Dieu, naît en nous. Dieu, en général, se sert d’un messager pour prononcer la parole qui provoque la nouvelle naissance. C’est le ministère spécial de l’évangéliste. L’eunuque éthiopien était intrigué par le texte d’Esaïe quand le Saint-Esprit lui envoya Philippe. Philippe lui prêcha Jésus, et il crût. Pour quelques personnes, la parole de Dieu porteuse de la vie nouvelle vient à eux directement sans aucun intermédiaire humain, mais nous ne devons pas nous attendre à que ces exceptions deviennent la règle.

« L’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu » (Ephésiens 6 : 17) .

L’épée de l’esprit est décrite ici comme faisant partie de l’armure spirituelle. A partir de ce verset, beaucoup de gens croient qu’il est nécessaire d’avoir toujours une Bible avec soi, comme armure spirituelle. D’autres ont le sentiment que ces textes écrits à la porte de leur maison les aideront à se protéger des puissances démoniaques. Cette attitude est fondée plus sur la superstition et la crainte que sur la vérité. La véritable épée de l’esprit est la parole inspirée de Dieu sur nos lèvres. C’est une arme offensive face à toutes les puissances du démon devant laquelle il ne pourra tenir. Quand Jésus parlait, toutes les puissances des ténèbres étaient confondues et s’enfuyaient. Quand nous apprenons à parler comme lui, nous obtenons les mêmes résultats.

L’IDOLATRIE

Il est éclairant de comparer l’attitude des Catholiques envers Marie avec celle des Protestants envers la Bible. Marie eut un destin unique, merveilleux et privilégié dans le plan de salut de Dieu. Par elle, Jésus vint dans le monde et, en un sens, sans elle, il n’aurait jamais pu venir en chair. Cependant, la mettre au même rang que Jésus et lui donner un rôle de médiateur est une idolâtrie. Ceci revient à Jésus seul. La Bible aussi est unique parmi tous les livres et à jamais au-dessus d’eux, d’une manière que Marie n’était pas au-dessus d’autres femmes. Cependant, le fait demeure que si nous prenons les titres et la place de Jésus et les attribuons à la Bible, nous sommes également coupables d’idolâtrie. Comme avec toute autre forme d’idolâtrie, notre croissance et nos progrès spirituels seront bloqués. Nous devons découvrir la place et le but des Ecritures dans le plan de Dieu et les utiliser à bon escient si nous voulons marcher dans la vérité et grandir en Dieu.

LES SAINTES ECRITURES

Ayant accordé quelque intérêt à la place et à la fonction de la Parole de Dieu dans nos vies, nous devons à présent réfléchir à celle des Saintes Ecritures. Paul donne un résumé de ce sujet dans sa deuxième lettre à Timothée. « Toute écriture ( les écrits) inspirée de Dieu est profitable pour enseigner, réprimander, corriger et pour entraîner (l’enfant) à la justice … »  (3 : 16, 17). Ces versets méritent plus d’attention qu’il leur en est attribué habituellement.

Ici, Paul envisage les Ecritures comme la boîte à outils de l’homme de Dieu. Ils font partie de son ministère aux autres. Il est significatif que Paul écrivit cette lettre non pas à un groupe de croyants, mais à leader particulier. Nulle part, il exhorta les croyants, d’une manière générale, à étudier les Ecritures, alors que souvent il les exhorta à prier. Timothée avait la tâche d’œuvrer pour les autres et sa connaissance des Ecritures a dû être d’un grand secours dans le travail qui lui avait été confié.

Ces versets, ici, nous parlent de 4 usages des Ecritures, que nous allons maintenant aborder.

1. Les Ecritures sont utiles pour enseigner. Timothée n’avait pas la tâche d’enseigner la Bible. Les Pharisiens étaient en mesure de le faire. C’était plutôt de délivrer une révélation et une compréhension de Dieu à ceux dont il avait la charge. Il devait se servir des Ecritures comme un médium à travers desquelles il pouvait apporter une vérité spirituelle. Si Dieu appelle vous ou moi à partager avec les autres ce que vous avez reçu de lui, la Bible est alors un moyen de communication que nous pouvons utiliser pour cela.

La lettre aux Hébreux nous fournit une claire illustration de l’usage des Ecritures pour enseigner. L’écrivain prend passage après passage et personne après personne de l’Ancien Testament pour illustrer la supériorité de la nouvelle alliance sur l’ancienne, et la position de Jésus au-dessus de tout. Paul indique aussi un usage étendu des Ecritures dans Romains et Galates pour illustrer et prouver les révélations qu’il a reçu de Dieu. Pour autant que nous le savons, Jésus utilisa les Ecritures seulement dans ce sens quand il ouvrit les yeux aux deux disciples sur la route d’Emmaüs après sa résurrection.

2. Les Ecritures sont profitables pour réprimander. Ceci est le plus clairement illustré quand Jésus affronta Satan dans le désert. Il fit face à chaque tentation par citation de l’Ancien Testament. Les Ecritures, de par leur nature, sont immuables et peuvent de plus avoir force de loi. Satan a pu se demander si Jésus était bien le Fils de Dieu, et s’il était conduit par le Saint-Esprit. Il ne pouvait argumenter avec ce qui était écrit.

3. Les Ecritures sont aussi profitables pour corriger. Quand Jésus corrigea les idées erronées de ses détracteurs, il utilisa fréquemment les Ecritures. Il cita David pour reprendre la rigidité des Pharisiens à propos du Shabbat. En s’appuyant sur l’Ancien Testament, Il montra aux Sadducéens l’existence de la résurrection. La lettre de Paul aux Galates est aussi semblable à une lettre de rectification. Il établit la justification par la foi à l’aide de l’exemple d’Abraham. Comme pour la réprimande, les Ecritures fournissent une base solide pour corriger. Principes et révélations particulières devront et doivent toujours être ouvertes au questionnement. Les Ecritures fournissent un cadre fixe objectif à tout ce qui peut être testé.

4. Les Ecritures sont profitables pour former l’enfant à la justice. Le mot grec utilisé ici est « παιδεια - paideia » un nom extrait du mot « παις - pais » (signifiant l’enfant), et sa première signification est la formation de l’enfant. Dans le verset précédant ceux que nous étudions, il est dit : « dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ ». Timothée qui était le destinataire de ces lignes, était le 3ème génération d’une famille croyante. Paul évoque la foi sincère de sa grand’mère Lois et de sa mère Eunice. Peut-être est-ce ces deux personnes qui lui enseignèrent les Ecritures et préparèrent ainsi tout d’abord son esprit à recevoir le salut, et par voie de conséquence, le vaste ministère qu’il eût. Timothée devint le compagnon inséparable de Paul. Six des lettres de Paul ont été co-écrites par Timothée. Beaucoup de gens pensent que c’est Timothée qui écrivit la Lettre aux Hébreux. Il devint un leader marquant de l’église naissante, et poursuivit le travail de Paul à Ephèse.

Nous trouvons un parallèle identique dans le prophète Jérémie. Son père, Hilkiah le prêtre, fut celui qui trouva un livre de la loi du temps de Josias. Jérémie comme Timothée furent appelés au ministère dans leur jeunesse. Peut-être que le lien entre eux est l’amour de leurs parents pour les Ecritures, qui les enseignèrent depuis l’enfance. Moïse, au contraire, grandit dans un palais avec « toute la sagesse des Egyptiens ». Il dût passer 40 ans dans le désert avant de commencer son ministère à l’âge de 80 ans !

Ainsi, je crois que les parents chrétiens devraient enseigner leurs enfants selon les Ecritures. Ils doivent apprendre la loi de Dieu. Les Ecritures ne les sauveront pas, mais leur donneront la sagesse qui mène au salut. Paul, par ailleurs, établit que « la loi est un bon maître d’école pour nous conduire au Christ ».

Je ne veux pas dire que cette formation est bonne seulement pour les enfants. Les gens qui sont des enfants spirituels ont aussi besoin d’enseignement jusqu’à ce qu’ils atteignent la maturité spirituelle. Toutefois, je pense avoir déjà développé cet aspect.

LA TETE OU LE CŒUR ?

Des gens prient ainsi : « Seigneur, je comprends avec ma tête, s’il te plaît fais-le descendre dans mon cœur ». C’est à l’inverse de la voie de Dieu. Paul écrivit aux Colossiens : « Que la parole de Christ habite dans vous abondamment » (3 : 16) et aux Ephésiens : « que Christ habite dans vos coeurs par la foi » (3 : 17). Ceci se produit si nous recevons sa parole de ministres fidèles qui ont été enseigné par Lui, et apprennent alors à coopérer avec notre Père Céleste. Au fur et à mesure que sa parole grandira dans nos cœurs, la compréhension des Ecritures s’ouvrira à nous. Jésus coopéra avec son Père depuis l’enfance. Quand il eut 12 ans, les maîtres dans le Temple furent étonnés de sa connaissance. Nous devons nous tourner vers Dieu si nous désirons comprendre la Bible, et non pas nous tourner vers la Bible si nous voulons comprendre Dieu. Vous ne comprendrez jamais le Livre si vous n’avez pas reçu l’esprit de son auteur.

COMMANDEMENTS ET PROMESSES

En résumé ce que je viens de dire : la première méthode de Dieu pour parler aux gens n’est pas à travers la lecture de la Bible. C’est d’abord par l’intermédiaire de ses ministres (apôtres, prophètes, pasteurs, enseignants et évangélistes) et, au plus haut niveau, par le Saint-Esprit directement.

Je souhaite maintenant tenir compte de deux façons par lesquelles Dieu parle. Par les Ecritures, Dieu donna les commandements et les instructions aux individus et à des groupes de gens. Il fit aussi des alliances et des promesses, qui étaient le plus souvent conditionnées à l’obéissance de ses commandements. Des commandements tels que « tu aimeras ton prochain » sont très répandus. D’autres comme « enlèvent les chaussures de tes pieds » sont très spécifiques. Les promesses dans la Bible affichent la même ampleur. « tout ce que vous demanderez en priant, croyez, et vous le recevrez » est une promesse d’ordre général. « je vous ramènerai sur cette terre » est une promesse spécifique.

Beaucoup de gens croient et enseignent que ces commandements et promesses (ou au moins les plus générales d’entre eux ) sont pour eux de nos jours. Des églises entières et des dénominations sont fondées sur cette approche des Ecritures. Cependant, une fois de plus, nous trouvons qu’il y a peu de justification à cela dans les Ecritures elles-mêmes. Personne, certainement, n’essaya jamais d’obéir à un commandement spécifique ou de réclamer une promesse spécifique qui fut donnée à quelqu’un d’autre. Les dix commandements et quelques autres commandements et promesses d’ordre général de l’Ancien Testament sont cités dans le nouveau. Toutefois, le principe général est que, comme nous l’avons vu, Dieu parle par le Saint-Esprit. S’il ne nous avait pas parlé par le Saint-Esprit, nous n’aurions jamais eu le pouvoir d’effectuer quelconque commandement, ni n’aurions eu la foi pour recevoir l’une de ses promesses.

Chercher à obéir aux commandements qui furent donnés à d’autres personnes en d’autres temps et pas à soi personnellement, nous conduira dans des liens, des frustrations et des échecs. De même, réclamer des promesses qui furent faites à d’autres vous amènera à douter de Dieu, ou vivre avec le sentiment de frustration que vous avez manqué le but parce que rien ne semblera se produire pour vous. Si cela est valable pour d’autres, pourquoi ce ne l’est pas pour moi ?

La raison fondamentale est que vous ne pouvez recevoir des commandements ou des promesses au moyen de vos intelligences. Vous devez les recevoir profondément dans vos esprits. Vous trouverez alors confirmation de leur écho quand vous lirez des commandements ou promesses similaires dans les pages de la Bible.

CONCLUSION

Comment pouvons-nous maintenant résumer ce message ? Les Ecritures et la Parole de Dieu sont distinctes et ne doivent pas être confondues. Chacun a une fonction différente. La Parole de Dieu est plus grande et était au commencement avec Dieu. Les Ecritures ne doivent pas prendre sa (Sa) place. Les choses de Dieu à la mauvaise place peuvent devenir démoniaques, et les bénédictions se tourner en malédictions. Beaucoup de choses diaboliques ont été faites par des gens qui connaissaient bien la Bible, mais aucune ne le fut par la Parole de Dieu. Ecoutons encore le cri du cœur de Jésus « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! ». Trouvons la véritable signification de la Parole de Dieu et donnons-lui toute sa place dans nos vies. Donnons aussi aux Ecritures leur véritable place –la place qu’elles se donnent elles-mêmes, celle que Jésus et les premiers apôtres leur donnèrent, et la place que leur donne la Parole de Dieu dans nos cœurs.

POSTCRIPT

Je désire ajouter ici un bref examen de citations de l’Ancien Testament fait par Jésus et la première église. Ceci peut être un stimulus pour étudier davantage.

Certaines personnes peuvent avoir le sentiment que ceci ne peut nous guider dans notre approche de la Bible, puisque le Nouveau Testament n’était pas alors encore écrit. Mon sentiment personnel est que la Bible est un seul livre, et nous devons aborder les deux parties avec la même attitude. Cette approche devrait permettre à un parallèle avec ce qui est écrit dans les pages du Nouveau Testament.

Jésus, comme nous l’avons dit, cita abondamment les Ecritures quand il se confronta aux Pharisiens, mais rarement quand il enseigna les multitudes ou ses disciples. Dans le sermon sur la Montagne, toutes les citations de l’Ancien Testament sont là pour contraster avec son propre enseignement. Son dernier discours dans l’évangile de Jean ne contient pas une seule citation. C’est seulement sur le chemin d’Emmaüs, après sa résurrection, que nous le voyons ouvrir les Ecritures pour les deux disciples.

Dans l’évangile de Matthieu, de nombreuses citations sont faites pour illustrer l’accomplissement des Ecritures. Marc et Luc font de même, Jean rarement.

Dans le Livre des Actes, Pierre, Stéphane et Paul utilisent abondamment des citations dans leurs prêches. Souvent, leur but est de montrer à partir des Ecritures que Jésus est le Messie promis.

Les lettres de Paul varient dans leur utilisation des citations en fonction de leurs destinataires. Romains et Galates contiennent des citations dans une large mesure. Colossiens et Thessaloniciens par contre n’en ont pas.

La Lettre aux Hébreux, étant écrite pour les Juifs, contient naturellement plus de citations que n’importe quelle autre du Nouveau Testament. Pierre fait un usage important des citations ; Jacques n’en donne que parcimonieusement ; et Jean pas du tout. Jean, il est presque certain, fut le dernier écrivain du Nouveau Testament. Il est intéressant de noter que Jude fait deux citations de livres qui ne sont pas considérés comme faisant partie de la Bible (l’Assomption de Moïse et la Prophétie d’Enoc). Il ne fait aucune citation des livres que nous appelons l’Ancien Testament.

Le Livre de l’Apocalypse contient quelques citations et plusieurs visions semblables à celles de Daniel, d’Ezéchiel, de Zacharie et d’autres.

La description globale est l’une des larges variations. Aucun doute que tout ceci reflète les caractères et les formations différents des écrivains et des lecteurs, et la nature du message étant d’être écrit ou rapporté. Tout ceci, bien évidemment, fut assujetti à la conduite et à l’inspiration du Saint-Esprit.

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