Reconciliation Universelle

Introduction

Quand nous étudions les Ecritures sur la destinée finale des incroyants, nous sommes confrontés à une apparente contradiction.

Quelques passages des Ecritures disent que toute la race humaine sera sauvée. Considérons les extraits suivants:

D’autres passages des Ecritures nous apprennent que les incroyants souffriront d’éternels tourments.

Comment est-il possible de réconcilier cette apparente contradiction dans les Ecritures ? Comment ces deux sortes d’enseignement peuvent ensemble être corrects ?

Salut Universel

Nous commencerons par considérer les Ecritures qui nous amènent à croire que tous seront finalement sauvés. Aucune Ecriture prise indépendamment n’est concluante sur ce point, mais la preuve relevée dans plusieurs passages est extrêmement forte.

Apocalypse 5: 13 dit: « Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s’y trouve, je les entendis qui disaient: A celui qui est assis sur le trône, et à l’agneau, soient la louange, l’honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles! » Chaque créature vivante loue Dieu. Cela aurait peu de chance d’arriver si 90 % de la race humaine était perdue irrémédiablement et souffrait dans d’atroces tourments".

1 Corinthiens 15: 22-24 exprime fortement la notion du salut universel: « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. » Les traditionalistes ont tendance à interpréter ce passage comme ceci: « Tous ceux qui sont en Christ revivront »; mais ce n’est pas ce que le Livre dit. Paul dit ici, simplement, que tous meurent en Adam, et en Christ tous revivront, non pas tous dans le même temps ou tous dans ce siècle. Le Salut n’est pas pour tous dans cette vie, mais dans des âges et des périodes successives.

Nous trouvons plus loin la preuve de ceci dans 1 Pierre 3: 19-20. Nous lisons: « dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, 20qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé ... » Ces versets plutôt difficiles sont clarifiés un peu plus loin au chapitre 4, verset 6: « Car l’Évangile a été aussi annoncé aux morts, afin que, après avoir été jugés comme les hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu quant à l’Esprit. » Pierre ne fait pas référence aux justes des temps anciens ; il parle de ceux qui ont vécu avant le déluge et dont Dieu dit que « les penchants de leur cœur les portaient de façon constante et radicale vers le mal » (Genèse 6: 5). Nous les voyons même finalement devenir vivant en esprit.

Au chapitre 1 de Colossiens, les versets 16, 19 et 20 sont lourds de signification: « Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. ... Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. » Ces versets montrent clairement que Dieu a créé toute chose à travers Jésus et réconcilia toute chose avec lui aussi à travers Jésus. Ils impliquent même que les esprits qui sont maintenant des démons seront finalement réconciliés avec Dieu.

Un autre passage des Ecritures fait mention du salut pour tous: 1 Timothée 4: 10 dit: « le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants. » Ce verset implique que Dieu sauve tout le monde, et les croyants d’une manière particulière. Pour les croyants, comme je le constate, ils sont sauvés du péché, de la maladie et de beaucoup d’autres choses démoniaques dans leur vie, et le salut les garde du jugement à venir. Pour les incroyants, le salut ne peut se faire qu’après cette vie.

Un autre passage des Ecritures parmi beaucoup d’autres donne cette signification: « C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses » (Romains 11: 36). Devons-nous ajouter à ceci « excepté 90 ou 99 % de la race humaine, la couronne et la gloire de Sa création, qu’Il a faite à Son image pour gouverner l’univers, mais qui sont destinés à un perpétuel tourment en enfer ? ».

Damnation Eternelle

Nous allons prendre en compte maintenant l’enseignement de la Bible sur la damnation éternelle. La Bible parle de « feu éternel », de « châtiment éternel », de « destruction éternelle » et de « jugement éternel ». Tous ceux qui croient en l’inspiration divine des Ecritures doivent prendre ces assertions au sérieux. Encore que celui qui croit en un Dieu d’amour et a fait des expériences en ce sens ne peut se sentir à l’aise avec l’idée que des milliards de créatures de la race humaine puissent endurer un perpétuel tourment sans espoir d’une issue. La Bible établit-elle sans aucun doute possible qu’ils auront à souffrir éternellement ?

Aion et Aionios

La doctrine du châtiment éternel repose sur la signification de deux mots grecs: le nom aion (αἰων) et son adjectif aionios (αἰωνιος).

Le nom aion est utilisé de différentes manières dans le Nouveau Testament. Celle qui nous concerne ici est son usage dans des phrases comme eis ton aiona (εις τον αἰωνα) - littéralement au siècle et eis aionas aionon (εις αἰωνας αἰωνων - littéralement à siècles de siècles). Dans quelques traductions françaises, ces mots sont traduits par à perpétuité ou pour l’éternité. Par exemple, « la fumée de leur tourment monte à perpétuité » (Apocalypse 14: 11). L’adjectif aionos est habituellement traduit par éternel ou sans fin. Il prend à la fois un sens positif dans vie éternelle, héritage éternelle et un sens négatif dans feu éternel, jugement éternel, destruction éternelle, châtiment éternel.

Ces mots et ces phrases ont-ils été traduits correctement en français ? Ou bien, le traducteur a-t-il pu commettre une erreur ?

Comment peut-on savoir de façon certaine qu’elle est la vraie signification certaine des mots grecs ou hébreux anciens, alors que maintenant tous les peuples qui parlent ces langues se sont démarqués depuis longtemps de cette vie ? La réponse est que nous devons prendre en compte tous les endroits dans la Bible, ou toute autre littérature fiable du temps où ces mots étaient utilisés. Nous pourrons alors trouver une signification qui convient à tous les différents contextes. Pour le grec, il est possible de faire une recherche à la fois dans le Nouveau Testament et la version grecque de l’Ancien Testament (La Septuante).

Plusieurs phrases à la fois dans la Septuante et le Nouveau Testament montrent que souvent eis ton aiona ne peut pas être traduit par à perpétuité.

Les phrases suivantes dans le Nouveau Testament montrent que le mot « aionios » ne peut pas toujours être traduit par « éternel ».

Aion signifie clairement un siècle. Nous pourrions nous attendre à ce que l’adjectif aionios, qui est dérivé de ce mot, ait pour sens durant un siècle plutôt que éternel.

Note

L’Homme Riche et Lazare

Qu’en est-il au sujet de l’histoire bien connue rapportée dans Luc chapitre 16, de l’homme riche et de Lazare et « du grand abîme » qui les sépare après leur mort ? La plupart des gens n’ont jamais lu de manière attentionnée ce passage, et suppose seulement que Jésus était en train de parler du salut individuel, et de la destinée après la mort. Examinons cela de plus près.

Le contexte de ce passage est dressé quelques versets plus haut: « Les pharisiens, qui étaient avares, écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui. » Jésus parlait alors des personnes de ce temps privilégiées spirituellement. L’homme riche, vêtu de pourpre et vivant dans le luxe était une image d’eux-mêmes. Le pauvre mendiant qui se tenait à la porte de celui-ci, habillé de guenilles et entouré de chiens léchant ses blessures, symbolise l’exclu spirituel. Les chiens étant des animaux impurs.

Tous deux meurent, et nous retrouvons Lazare non pas au ciel mais dans le sein d’Abraham. Comment un primitif ignorant tel que Lazare peut terminer dans le sein d’Abraham, alors qu’un descendant d’Abraham se trouve dans les tourments ? L’homme riche s’adressait continuellement à Abraham comme à son père, mais Abraham ne l’appela jamais « mon fils ». Cette histoire choqua et offensa ceux qui à l’origine l’entendirent.

Appréhendons maintenant le terme « abîme ». La version grecque du verset 26 « En tous ces choses, il y a entre nous et vous un grand abîme », et non pas « D’ailleurs, il y a ... » (comme cela est mentionné dans la plupart des traductions), ce qui est presque l’opposé. L’abîme sépare les deux hommes. Il y a un abîme spirituel entre eux. Parfois, vous conversez avec des gens qui sont extrêmement versés dans les Ecritures, et qui ont eu de véritables opportunités spirituelles, mais ne sont pas à même de comprendre une quelconque vérité spirituelle. Rien de ce que vous leur dites ne peut les atteindre, et vice-versa. Il y a un grand abîme marqué entre vous.

Il y a eût un abîme entre les Juifs et les gentils pendant presque 2000 ans. L’église a cruellement persécuté les Juifs, et les Juifs ont haï ce qu’ils pensaient être la foi chrétienne. Presque rien n’a filtré entre eux dû à un abîme. Comme l’homme riche, les Juifs ont passé la plupart de leur temps dans les tourments.

Quelle que soit la nature de cet abîme, le fait qu’il existe ne signifie pas nécessairement qu’il existera toujours. Si Dieu peut déplacer les montagnes, il peut aussi combler les abîmes.

Beaucoup de Juifs, tant sur la terre d’Israël qu’en diaspora, sont en train de revenir au sein véritable d’Abraham et croient en leur Messie. Beaucoup de membres des églises, en dépit du fait qu’ils croient être les descendants d’Abraham, sont dans un grand fossé entre Dieu et eux.

Pre-Existence

La Bible contient des preuves formelles que nous avons existé en tant qu’esprits avec Dieu avant que nous entrions dans notre humanité. Le Livre de l’Ecclésiaste exprime clairement que « la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné » (Ecclésiaste 12: 7). Le mot « retourne » ne peut signifier autre chose que de retourner là d’où vous venez. Si nous avons existé en esprits avec Dieu avant d’entrer dans ce monde, alors un tourment éternel et une séparation d’avec Dieu après avoir quitté ce monde devient une absurdité. Comment un Dieu sage et plein d’amour peut envoyer des esprits dans ce monde avec la forte probabilité qu’ils ne reviennent jamais à Lui , mais au lieu de cela, passent l’éternité dans d’indescriptibles peines et souffrances ?

J’ai abordé ce sujet dans une brochure intitulée Pre-Existence.

L’Eglise

L’Eglise n’a-t-elle pas toujours enseigné le jugement éternel ? La plupart des chrétiens ne sont-ils pas d’accord avec cela ? Pourtant, la réponse est non. Du temps des pères de la première église, quelques uns croyaient au salut universel. De tous, Origène est probablement le plus connu d’entre eux.

Dans les quatre cent dernières années, les traductions de la Bible ont presque toutes suivi le point de vue traditionnel du châtiment éternel. Aucun doute que ceci a eût une grande influence sur la croyance populaire, même s’il y eut des gens en désaccord avec cela.

De toutes manières, l’église n’a pas toujours raison ! la majorité de ceux qui se disent Chrétiens croient que le Pape est la tête de l’Eglise, ainsi que tout ce qui est en rapport avec cette croyance. A bien des reprises, dans l’histoire de l’église, presque toute la hiérarchie fut hautement corrompue, tant dans la doctrine que dans la vie. Cela ne devrait pas nous surprendre de découvrir que la plupart est dans l’erreur. Nous devons apprendre à chercher Dieu par nous-mêmes, et si besoin est, le suivre lui seul.

L’Eglise a trouvé un intérêt à enseigner le jugement éternel. Incapable d’attirer les gens par l’amour, la joie, la paix et le pardon offerts gratuitement en Christ, l’église a compté sur les menaces d’un tourment futur pour garder ses membres dans ses griffes. Le jugement éternel a été la ligne du parti. Tous les versets qui contredisent cela ont été ignorés ou déformés de leur sens originel pour dire quelque chose de différent. Nous sommes si accoutumés au mensonge que nous trouvons difficile d’accepter la vérité.

Châtiment Futur

Le Nouveau Testament parle indubitablement du châtiment pour ceux qui rejettent Jésus-Christ. Jésus et les apôtres enseignaient ceci comme une certitude. Dieu ne peut accepter des pêcheurs non repentants. Nous devons considérer la situation qui attend l’incroyant.

Dans Matthieu 18: 8-9, Jésus fait référence au feu « aionios » et à une Géhenne de feu. Nous trouvons la même image dans le lac de feu décrit dans le Livre de l’Apocalypse. Le feu détruit, mais il ne détruit pas tout. Paul dit aux Corinthiens (1 Corinthiens 3: 12-15) qu’il est possible de construire 'avec de l’or, de l’argent et des pierres précieuses, ou avec du bois , de la paille et du chaume’.

Le feu est appelé à tester toute œuvre humaine. Manifestement, le bois, la paille et la chaume seront détruits ; l’or, l’argent et les pierres précieuses ne le seront pas. Un grand contraste existe entre la chair et l’esprit. « Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’esprit est esprit. » La chair est ordinaire et temporaire ; l’esprit est précieux et permanent. Au chapitre 5 verset 5, Paul dit: « qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus. » Ceci est en accord avec 1 Pierre 4: 6: « après avoir été jugés comme les hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu quant à l’Esprit. »

Le feu est un agent nettoyant. Il accompagna le don de la loi au Sinaï. Tout au long des Ecritures, il symbolise la présence de Dieu. « Notre Dieu est un feu consumant » (Hébreux 12: 29). Il signifie tout spécialement le Saint-Esprit purificateur. Le souffre ou sulfure qui accompagne le feu était aussi considéré comme un agent purifiant dans l’antiquité. En grec, il s’appelle « theion », le singulier indéfini de l’adjectif « theios » signifie divin. Il fait évidemment référence à Dieu.

Dans Matthieu 25: 46, Jésus parle du châtiment « aionios ». Il y a deux mots pour châtiment en grec. Κολασις (kolasis), utilisé ici, a le sens défini de correction et provient d’une racine qui à l’origine signifie « élaguer, réduire ». Nous élaguons les arbres dans l’espoir d’obtenir de meilleurs fruits, pas à cause d’une fureur vengeresse !

Dans 2 Thessaloniciens 1: 9, il est question de destruction « aionios ». Paul emploie ici le même mot que dans 1 Corinthiens 5: 5 quand il parle de la destruction de la chair. Deux versets plus haut, il fait référence au Seigneur Jésus apparu dans des flammes brûlantes. Si on compare ces deux passages, nous voyons que ce verset est correctement traduit « Ils auront pour châtiment une ruine aionios, (venant) de la face du Seigneur et de la gloire de sa force » comme dans certaines traductions, et non pas « Ils auront pour châtiment une ruine aionios, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force » comme dans d’autres. Jésus présent est mort à la chair mais vivant en esprit.

Nous devons maintenant revoir Apocalypse 14: 10, 11: « ... il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ... » Quelqu’un peut-il imaginer Jésus supervisant l’incessante et sempiternelle torture d’un nombre infini d’individus ? Le plus grand tyran de l’Inquisition pourrait difficilement faire cela. Cependant Jésus pourrait prendre plaisir à superviser la purification de tous ceux qui en auraient besoin. Ceci serait parfaitement en harmonie avec le caractère de ce lui qui donna sa propre vie dans l’agonie pour nous sauver tous.

Enfin, nous devons revoir la phrase jugement « aionios » dans Hébreux 6: 2. C’est un enseignement primordial, élémentaire. La racine du mot jugement est séparation. Une fois encore, la chair doit être séparée de l’esprit. C’est un procédé que nous avons à expérimenter dans cette vie. Nous devons nous juger nous-mêmes, si nous ne voulons pas être jugés, et nous devons faire mourir les désirs de la chair pour pouvoir marcher dans l’esprit. Si nous refusons le jugement maintenant, il viendra plus tard.

L’image qui émerge maintenant de notre étude n’est pas celle d’un enfer de tourment absolu et perpétuel. C’est plutôt un lieu de jugement pour corriger. Nous commençons à entrevoir un Créateur aimant qui ne sera pas satisfait de ces créatures jusqu’à ce qu’elles soient au bout du compte nettoyées et purgées de tout péché. Il prend un soin infini à les amener à la perfection. Ses desseins peuvent être longs à atteindre, mais à la fin, ils seront parfaitement réalisés.

Le Témoignage du Saddou Sundar Singh

Je crois qu’il serait bon, ici, d’ajouter le témoignage du Saddou Sundar Singh.

En décembre 1904, Jésus apparut à Sundar alors qu’il était sur le point de se suicider, et il se convertit radicalement. Suite à cela, il connut des expériences extatiques au cours desquelles il conversait avec les anges et les esprits. Il donne le compte-rendu suivant de ce qu’ils lui dirent au sujet de l’enfer.

« Il me fut dit que l’amour de Dieu opère même en Enfer. Dieu ne brille pas dans la plénitude de Sa lumière, parce que ceux qui s’y trouvent ne pourraient le supporter, mais progressivement Il leur dévoile de plus en plus de lumière et peu à peu les amènent à changer leur conscience vers quelque chose de meilleur, même s’ils croient que ce désir vient uniquement d’eux. Alors Dieu travaille dans leur esprit, de l’intérieur, quelque chose dans le même sens, quoique dans la direction opposée, de la même manière dont Satan suggère en nous les tentations. Alors, grâce au travail intérieur de Dieu, et la lumière extérieure, presque tous ceux qui sont en enfer seront finalement amenés au pied de Christ. Cela prendra peut-être des milliards d’années, mais quand cela se réalisera, ils seront remplis de joie et de reconnaissance envers Dieu, même s’ils seront moins heureux que ceux qui ont acceptés Christ sur la terre. Ainsi, l’enfer est une école de formation, un lieu de préparation pour la Maison. Ceux qui sont en enfer savent qu’ils ne sont pas chez eux parce qu’ils y souffrent. L’homme ne fut pas créé pour l’enfer et par conséquent n’y trouve aucun plaisir et, quand il s’y trouve, il désire s’en échapper pour les Cieux. Ils agissent ainsi, mais ils trouvent le Ciel plus désagréable que l’enfer, alors ils y retournent. Mais ceci les convaint qu’il y a quelque chose de mauvais dans leurs vies, et ils sont de ce fait progressivement conduits à la repentance. C’est au moins le cas pour la majorité, mais il y a quelques personnages, Satan par exemple, à l’égard de qui il me fut recommandé de ne rien demander. Et par conséquent, à propos de qui je n’ai pas éprouvé le besoin de questionner, mais j’espérais que pour ceux-ci aussi il y eut une espérance.

Ils me dirent aussi que les saints aident au travail du salut des âmes en enfer, parce qu’il ne peut pas y avoir d’oisiveté dans les Cieux. Ceux qui sont en enfer sont finalement conduits vers les Cieux, tel le fils prodigue, tout en considérant le sort final d’un certain nombre à l’égard de qui vous ne pouvez poser de question. Le Saddou est amené à penser que, peut-être, ces quelques-uns seront anéantis.

Une fois je dis: « Tant de gens seront perdus parce qu’ils n’ont pas entendu parler de Christ ». Ils répondirent: « c’est tout le contraire ; très peu seront perdus ». Il y a une sorte de plaisanterie céleste – non, plaisanterie n’est pas un mot bon pour ceci. Très peu seront perdus mais beaucoup seront sauvés. « C’est un non-dit,» disent-ils, comme si c’était une plaisanterie, « parce que cela en ferait des hommes insouciants , et nous désirons qu’ils se réjouissent aussi pour le Premier Ciel - c’est à dire le Ciel sur terre. ».

S’il n’y avait pas d’espérance pour tous les non-chrétiens dans le monde et tous les chrétiens qui meurent dans le péché, Dieu cesserait de créer des hommes. Nous devons faire notre part ici sur la terre pour sauver les pécheurs, mais s’ils refusent nous avons besoin de ne pas perdre espoir pour eux.

Le Plan de Dieu au dessus de Tout

Nous devons maintenant revenir en arrière pour constater les implications plus larges de notre argumentation. Si le point de vue traditionnel est correct, Adam et Eve de leur propre volonté furent pris au piège par Satan et péchèrent contre Dieu, plongeant toute la race humaine dans le péché. Jésus a souffert et donné sa vie pour toute l’humanité, mais seulement une très petite partie de notre race fut gagnée pour Dieu, laissant une large majorité en permanence dans les mains de Satan pour vivre et mourir, et donc appelés à souffrir beaucoup dans d’indescriptibles tourments. Beaucoup d’entre nous ont accepté à contrecœur ce point de vue à défaut d’en trouver d’autre dans les Ecritures.

Les conséquences d’une telle pensée font de Satan presque l’égal de Dieu. Il a probablement emprunté beaucoup au paganisme où les dieux de bon et du mal se combattaient entre eux en des termes à peu près égaux. Le paganisme donne toujours au mal une position surdimensionnée, et encourage fréquemment ses adeptes à l’adorer. J’ai l’impression que la science-fiction suit la même position, bien que, je le confesse, je n’aie pas étudié le sujet en profondeur !

Pouvons-nous découvrir une approche scripturaire de la place du mal ? Revenons en premier lieu à Romains 8: 20 et 21: « Car la création a été soumise à la vanité, — non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. » Dans ce passage, Dieu prend clairement sa responsabilité dans la chute de toute la création. Il assujettit la création à l’inutilité dans l’espoir de sa première délivrance. Ce fut toute la partie du plan entier de la création. Il n’a pas perdu la première manche dans un conflit avec Satan. Il planifia que tout événement devrait aller positivement dans ce sens.

Finalement, nous devons voir que Dieu prend sa responsabilité avec le mal et l’utilise à ses desseins. Dans Esaïe, chapitre 45 Dieu montre sa souveraineté. Il fait état qu’il a élevé Cyrus, un roi païen, pour ses desseins. Au verset 5, il dit: « Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre, Hors moi il n’y a point de Dieu. » Au verset 7, il ajoute « Je façonne la lumière et je crée les ténèbres, je fais le bonheur et je crée le malheur, c’est moi, Yahvé, qui fais tout cela. » Le bien et le mal ne sont pas deux forces opposées, comme le blanc et le noir sur un jeu d’échecs, s’efforçant de maîtriser l’univers. Dieu créa toute chose, y compris le mal pour servir ses propres desseins, et il est en total contrôle.

Le prophète Habacuc se débat avec ce problème. Lisons le chapitre 1, versets 5 et 6: « Jetez les yeux parmi les nations, regardez, Et soyez saisis d’étonnement, d’épouvante! Car je vais faire en vos jours une oeuvre, que vous ne croiriez pas si on vous la racontait. Voici, je vais susciter les Chaldéens, peuple furibond et impétueux. » Dieu élève un peuple méchant pour œuvrer à son dessein de jugement et de correction pour Israël . Habacuc, comme nous, trouva cela difficile à comprendre.

En Romains 9: 17, Paul cite Exode 9: 16 pour montrer certainement que Dieu éleva Pharaon. Pharaon est comme Satan, tenant le peuple de Dieu dan un esclavage cruel et en captivité jusqu’à ce que la délivrance vienne les rendre libres. Paul poursuit en montrant l’absolue souveraineté de Dieu.

Quand nous commençons à considérer Satan et les méchantes nations comme des instruments dans la main de Dieu pour amener ses desseins, toute chose prend alors un sens. Dieu a plongé toute la création dans le péché afin qu’Il puisse l’en sortir encore après avoir connu le mal et choisi le bien.

Job, dans son innocente intégrité, fut certainement trouvé agréable aux yeux de Dieu. Le travail de Dieu cependant n’était pas achevé. Combien plus grande fut l’appréciation de Job, l’amour et la compréhension de Dieu après qu’il eût souffert. Comme toute la création, il devait tombé avant qu’il puisse être plus grandement élevé.

En Jésus lui-même, pardessus tout, nous constatons le même processus. Il dégringola par étape de la plus haute position aux profondeurs les plus basses, avant que Dieu ne l’élève encore à la plus haute gloire, à Sa droite.

Conclusion

Si ces choses sont vraies, quelles conséquences auront-elles dans nos attitudes envers Dieu et les hommes ?

Encouragerons-nous les pécheurs à persévérer dans la voie de la perdition en ignorant la menace de la perdition éternelle ? Non ! Il  reste vrai que c’est « une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Hébreux 10: 31). C’est infiniment préférable de marcher dans cette vie en disciple de Jésus-Christ et en communion avec Dieu plutôt que de passer nos jours ici-bas dans les ténèbres et le péché. Paul fut contraint d’être un « ambassadeur pour Christ », non à cause de la peur de l’enfer, mais par la crainte du Seigneur et par amour pour Christ (2 Corinthiens 5: 11, 14, 20). Nous ne voyons plus les êtres humains comme des pécheurs voués à l’enfer d’où la plupart sera finalement soustraite de manière permanente. Nous voyons chaque personne comme une créature de Dieu pour qui Il a un plan qui s’accomplira. Notre amour pour l’espèce humaine augmentera.

Comment alors voyons-nous Dieu dans cette approche nouvelle ? En premier lieu, nous voyons son pouvoir considérablement rehaussé. Nous le voyons exalté au-dessus de tout et en totale domination sur sa création. Deuxièmement, nous voyons sa sagesse dans une gloire plus nouvelle. Son plan est de loin plus sage et plus profond que ce que nous avons entrevu auparavant. Troisièmement, nous avons une vision nouvelle de son amour. Il aime vraiment chacun des milliards de membres de la race humaine avec un amour qui finalement conduira à la perfection. « O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles! ... C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen! » (Romains 11: 33, 36).

Additif

Jonas alla à contrecoeur à Ninive et dit aux gens de cette ville qu’ils avaient 40 jours pour se repentir avant que la ville ne soit détruite. De manière surprenante –au moins pour nous-, toute la ville crut en Dieu, et proclama un jeune et se revêtit de sacs. Que fut la réaction de Jonas face à cela ? « Cela déplut fort à Jonas, et il fut irrité. » Dieu dit à Jonas: « Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille hommes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des animaux en grand nombre! »

Si pendant longtemps vous avez cru à une damnation éternelle des pécheurs et les avez avertis d’un tourment sans fin, et que maintenant vous commencez à voir que ces choses ne sont pas ce que vous pensiez, réagirez-vous comme Jonas avec un ressentiment envers la miséricorde et l’amour de Dieu, ou vous réjouirez-vous que sa grâce et sa bienveillance aillent au-delà de ce que vous aviez précédemment imaginé ?

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