PRE-EXISTENCE

INTRODUCTION

D’où venons-nous et où allons-nous ? Pouvons-nous connaître la réponse. Une personne le sut certainement « Je viens du Père et je suis entré dans le monde ; à présent, je quitte le monde et retourne au Père » (Jean 16 :28)

L’homme de la rue croit que cette vie est la seule vie qu’il a, et il vit et agit selon cette croyance. S’il y a une autre vie après, pense-t-il, nous n’en savons rien, et la meilleure chose à faire est de nous faire plaisir sur cette terre le plus possible.

D’un autre côté, la plupart des religions ont accentué fortement l’au-delà. La plupart des gens religieux croient que la nouvelle vie sera soit merveilleusement heureuse dans le ciel ou horriblement misérable en enfer pour toujours. Notre destinée finale dépend de notre foi ou de nos actions dans cette vie. Beaucoup de gens s’appuient sur cette théorie, mais peu d’entre eux sont en mesure de vivre en harmonie avec ce qu’ils croient. La plupart d’entre eux regardent la majorité de leurs concitoyens, y compris un grand nombre de leurs relations personnelles, courir vers un tourment éternel et se sentent incapables de les arrêter.

Les Hindous et les Bouddhistes croient en la réincarnation. Nous progressons, pensent-ils, à travers plusieurs vies sur cette terre, pleins d’espoir de faire des progrès spirituels à chaque fois que nous y venons, jusqu’à ce que nous atteignions l’état de lumière qui nous dispense de revenir. Je ne crois pas en cet enseignement, mais je le trouve plus logique que l’idée d’avoir une courte –peut-être très courte- vie sur terre avant d’aller immédiatement vers un éternel bonheur parfait ou un éternel tourment (plus probablement ce dernier), dépendant de décisions souvent prises sans véritable lucidité.

Je crois à une ultime restitution de toutes choses ou réconciliation universelle. Les plans de Dieu pour « réconcilier toutes choses à lui-même, celles sur terre ou au ciel, par la paix acquise au moyen du sang de la croix » (Col. 1 :20). Je crois aussi que nous pré-existons en tant qu’esprits avec Dieu avant que nous entrions dans nos corps terrestres.

Ces deux croyances changent totalement l’approche de notre vie sur terre. Celle-ci devient une petite partie de quelque chose de beaucoup plus grand. Les énormes différences de nos expériences et les opportunités dans ce monde se rapetissent quand elles se basent sur ce qui était avant et ce qui sera après.

Nous allons montrer l’évidence scripturaire de notre pré-existence, mais avant, nous allons considérer comment une telle approche pourrait s’avérer juste alors que peu de gens maintenant y croient ou qu’ils l’ont découverte dans les Ecritures.

POURQUOI LA VERITE EST CACHEE

Pourquoi la Vérité est si souvent cachée aux yeux de l’homme ?

En premier lieu, la vérité est cachée jusqu’à ce que Dieu choisisse de la révéler. Dans l’ancienne Alliance, la vérité était cachée en caractères et ombres –images et histoires- et fut révélée plus tard quand Jésus vint comme médiateur de la nouvelle Alliance. La vérité était là, mais cachée jusqu’à ce que le temps de sa révélation vienne.

Plus précisément, quand l’apôtre Paul relisant l’Ancien Testament avec les yeux de l’esprit, comprit que ce qu’il y était dit au sujet de « la révélation du mystère caché pendant de longs âges, mais maintenant révélée et portée à la connaissance grâce aux écrits prophétiques sur l’ordre du Dieu éternel, de sorte que toutes les nations peuvent croire et lui obéir » (Rom. 16 : 25-26) correspondait à ce qu’il avait écrit.

Dans le nouveau testament, Jésus parla en paraboles, de sorte que la vérité pouvait être révélée à ceux qu’il avait choisis, mais pas aux multitudes.

Ainsi, nous trouverons des vérités annoncées clairement dans les Ecritures pour la compréhension de tous. Nous en découvrirons d’autres cachées de toutes sortes de manière, ayant pour seules limites l’imagination de Dieu. Les lois, les histoires, les mots, les nombres et plus encore, tous contiennent des vérités que Dieu est en mesure de révéler quand il le veut et à qui il lui plaît.

En second lieu, nous découvrons que la vérité est cachée en raison du péché de l’homme et de la corruption. La doctrine de la réconciliation universelle fut cachée à cause d’erreurs de traduction de mots-clés grecs. L’église en général savait peu de choses d’un évangile de grâce et de miséricorde, et avait besoin d’une doctrine sur la damnation éternelle pour contrôler ses membres et les effrayer afin de les assujettir. Les autorités ecclésiastiques étaient plus que contentes avec cette traduction inappropriée.

Troisièmement, nous découvrons qu’une vérité peut être cachée dans une autre. Le point de vue de l’église traditionnelle sur le jugement éternel devient tout à fait impossible à concevoir pour celui qui croit en une forme de pré-existence. Jésus dit qu’il vint du Père et retourne au Père. Cela pourrait-il avoir un sens si dans ce monde, nous venions nous aussi du Père, et que la majorité d’entre nous croit cependant poursuivre l’enfer ? Quel père pourrait envoyer ses enfants dans une aventure dont ils ne reviendraient jamais, et dont la fin serait pour toujours, selon toute probabilité, un indescriptible tourment ?

Si nous acceptons de croire à l’enseignement traditionnellement répandu au fait que la majeure partie de la race humaine est destinée à un perpétuel et indescriptible tourment, alors la pré-existence avec Dieu devient une absurde impossibilité.

Les enseignements sur la réconciliation universelle et la pré-existence sont liés. Si vous croyez en une éternelle damnation, il ne vous est pas possible de croire dans la pré-existence en tant qu’esprit avec Dieu. Si vous croyez dans la pré-existence, c’est un argument pour croire en la réconciliation universelle.

Quatrièmement, je dois ajouter que beaucoup, au temps de l’église primitive, croyait à la fois à une réconciliation universelle et à la pré-existence. J’ai lu que, jusqu’au 6ème siècle de l’ère vulgaire, les premiers chrétiens enseignaient qu’ils avaient eu une vie avant celle-ci. Puis, la doctrine de la pré-existence fut condamnée par le Concile de Constantinople en 553 de l’ère vulgaire. Comme beaucoup d’autres vérités, ces dernières furent perdues jusqu’à la période de la réforme et en des temps plus récents.

Nous allons nous intéresser maintenant à la réconciliation universelle. J’ai écrit séparément sur ce sujet, sous le titre Réconciliation universelle et The Hidden Aeonian Realm, et en parlerai donc brièvement ici.

LA VIE A VENIR

La Bible enseigne-t-elle vraiment que les incroyants auront à souffrir un tourment éternel ? Je crois que la réponse est un NON catégorique.

La plupart des traductions françaises de Bible se contredisent au sujet du salut. Les versets suivants établissent directement ou indirectement que toute l’humanité sera finalement sauvée :

D’autres textes des Ecritures indiquent que la majorité de l’humanité ira dans un tourment éternel. Voici cités 4 d’entre eux :

En confrontant ces textes, et beaucoup d’autres encore, nous nous rendons compte qu’ils se contredisent. Le problème se solutionne quand nous retournons aux textes originaux grecs et hébreux. Les mots traduits « pour toujours » (εις αιωνα) sont employés dans plusieurs contextes où le temps est clairement limité à celui d’une vie, voire moins. Le mot traduisant « éternel » (αιωνιος) est aussi employé dans des passages où il est impossible qu’il est cette signification.

Pour le futur, la punition corrective existe, mais sa durée n’est pas éternelle. Le feu et le sulfure sont tous deux des agents purificateurs. Le lac de feu –la seconde mort- servira à un dessein purificateur, et cessera d’exister quand le Christ triomphera de la mort, le dernier ennemi. Le temps alors viendra quand, selon la vision de Jean, « Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s’y trouve, je les entendis qui disaient: A celui qui est assis sur le trône, et à l’agneau, soient la louange, l’honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles! » (Apocalypse 5 : 13 - Louis Segond).

Nous pouvons maintenant considérer les arguments scripturaires en faveur de la pré-existence comme démontrant l’existence en tant qu’esprits avec Dieu.

LA PRE-EXISTENCE ETABLIE DANS LES ECRITURES

Les Ecritures renferment avec clarté des passages concernant la pré-existence de Jésus, mais aussi deux autres sur la pré-existence d’autres personnes.

Pré-existence de Jésus

Beaucoup de passages scripturaires attestent de la pré-existence de Jésus. « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » (Jean 1 : 1). « Mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme » (Phil. 2 : 7). Lui-même dit : « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père » (Jean 16 : 28). Il n’avait aucune doute de là où il venait, pas plus que de là où il allait. Il venait du Père et était en train de retourner au Père. Il dit aussi « Avant Abraham, je fus » (Jean 8 : 58).

Jésus n’avait aucun doute au sujet de sa propre pré-existence, mais que dit-il à propos de ses disciples ? En faisant référence à eux, il dit : « Comme tu m’envoyas dans le monde, je les envoyai dans le monde » (Jean 17 : 18). En grec, le verbe « envoyer » est utilisé au passé simple dans les deux cas de figure de ce verset, bien que certaines traductions françaises l’aient changé dans le second usage par un passé composé.

Ecclésiastes

Dans le livre de l’Ecclésiaste, chapitre 12, nous trouvons une description poétique de la vieillesse et de la mort. Elle se termine par ces mots : « Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse…avant que le cordon d’argent se détache, que le vase d’or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne; avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné. » (Ecc. 12 : 6-7). Ceci est une affirmation claire, qui ne prête à aucune ambiguïté. L’esprit provient de Dieu et l’esprit retourne à Dieu.

Jérémie

Jérémie décrit son appel dans le service de Dieu comme ceci : « La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots: Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais établi prophète des nations. » (Jer. 1 : 4-5). Dieu connaissait Jérémie avant qu’il n’entre dans le sein de sa mère. Ceci montre aussi que Jérémie (ainsi que nous-mêmes) existait en tant qu’esprit avant d’entrer dans nos corps humains.

PRE-EXISTENCE IMPLICITE

En plus de ces affirmations claires dans les Ecritures concernant la pré-existence, nous trouvons pas moins de 10 façons dans lesquelles la pré-existence est implicite.

Mort et vivant

Le nouveau testament décrit l’incroyant comme étant dans un état de mort. Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5 : 24). Vous ne pouvez passer de la mort à la vie, sauf si vous êtes à l’état mort. Paul écrivit : « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ » (Eph 2 :5). Jean emploie un langage similaire « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie » (1 Jean 3 : 14). Jésus, Paul et Jean ont décrit les incroyants comme étant morts. Le mot « mort » d’après l’ensemble de mes dictionnaires, signifie « n’est plus en vie ». En d’autres termes, vous devez d’abord être vivant avant de pouvoir être mort. Vous savez, chaque fois que vous voyez un animal ou un oiseau mort, ou une plante morte qu’ils étaient vivants auparavant. L’enseignement scripturaire disant que l’homme naturel est dans un état de mort implique que, d’une certaine manière, il était vivant auparavant.

Séparation

De façon similaire, Paul décrit le monde comme séparé de Dieu « Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés » (Col 1 : 21). Vous pouvez seulement être séparé de quelqu’un que vous connaissiez auparavant et avec qui vous avez entretenu de bonnes relations. Vous ne pouvez pas être séparé de quelqu’un que vous n’avez jamais connu auparavant. Si nous débutons nos vies sur terre dans un état de séparation d’avec Dieu, c’est qu’alors nous étions en bonne relation avec lui auparavant.

Réconciliation

Paul écrit longuement sur le thème de la réconciliation à Dieu : « Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! » (2 Cor 5 : 18-20). La réconciliation ne veut pas dire se faire ami avec quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré ni vu. Cela signifie la restauration d’une relation qui existait avant d’être cassée. Aussi, nous ne pouvons être réconciliés avec Dieu si nous ne l’avons pas connu auparavant et si nous n’étions pas en relation avec lui. Si, il est vrai que « Voici, je suis né dans l’iniquité, Et ma mère m’a conçu dans le péché » (Ps. 51 :5), c’est parce qu’une relation précédente peut seulement avoir été dans une existence antérieure.

Rédemption

Le mot « racheter» avec tout son imaginaire, nous dit la même histoire. La signification du mot « racheter » est « acheter de nouveau » ce qui auparavant était notre propriété. Il n’est pas possible de racheter quelque chose qui ne vous appartenait pas auparavant. La signification provient des lois de l’Ancien Testament. Nous en trouvons une claire illustration dans Lévitique 25 :25 : « Si ton frère devient pauvre et vend une portion de sa propriété, celui qui a le droit de rachat, son plus proche parent, viendra et rachètera ce qu’a vendu son frère». C’est pas seulement, les biens propres qui peuvent être rachetés mais aussi les personnes « il y aura pour lui le droit de rachat, après qu’il se sera vendu: un de ses frères pourra le racheter. Son oncle, ou le fils de son oncle, ou l’un de ses proches parents, pourra le racheter; ou bien, s’il en a les ressources, il se rachètera lui-même » (Lev. 25 :48-49). Une fois de plus, nous voyons clairement que le rachat ramène une personne à un statut de liberté qu’il appréciait auparavant. Nous comprenons que nous appartenions à Dieu avant la naissance dans nos corps physique et que la conséquence du péché fut de nous séparer de lui.

Renaissance

Nous devons maintenant accorder un regard neuf au chapitre 3 de Jean, celui où Jésus parle de la nouvelle naissance. Ou le fait-il ? Vous pouvez être surpris d’apprendre que les mots « nouvelle naissance » et « vie nouvelle » n’apparaissent nulle part dans la Bible. A la place, nous trouvons les mots « renaissance » et « résurrection ». En fait, les termes « nouvelle naissance » et « renaissance » sont presque opposés dans leur signification. L’une s’est produite avant, et l’autre pas. Nicodème ne comprit pas Jésus et lui demanda « Comment un homme peut-il naître de nouveau quand il est vieux. Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? ». Jésus ne faisait pas référence à une nouvelle naissance physique, mais à une naissance spirituelle. Quand nous entrons dans ce monde, nous souffrons de mort spirituelle à cause du péché. Nous devons naître de nouveau dans la vie spirituelle.

Résurrection

Nous expérimentons la mort spirituelle quand nous entrons dans ce monde. Jésus était sans péché, et cependant il n’expérimenta pas la mort spirituelle quand il prit une forme humaine. Pour lui, la mort physique et la mort spirituelle se produisirent ensemble quand il porta nos péchés et souffrit à la croix. De la même manière, il expérimenta la résurrection physique et spirituelle quand il revint de la mort. Notre résurrection spirituelle est semblable à notre renaissance spirituelle. Elle a lieu quand nous acceptons Jésus comme notre sauveur. Notre résurrection physique est encore à venir.

Ainsi, nous constatons que les mots rachat, réconciliation, renaissance et résurrection nous parlent tous de la même histoire. Nous allons revenir à un état que nous avons expérimenté auparavant et aimé.

Choisis avant la fondation de la terre

Paul écrivit « En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde » (Eph 1 : 4). Sommes-nous choisis avant d’exister ? C’est possible, mais cette idée prend tout son sens si, au moment où nous fûmes choisis, nous existions avant la fondation du monde. Cette Ecriture suggère aussi que nous avons une existence avant d’entrer dans ce monde.

Vivant dans des tentes

« Nous savons, en effet, que, si cette tente où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme. Aussi nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste » (2 Cor 5 :1,2). Paul compare ici le corps humain à une tente ou à une habitation temporaire. En toute logique, nous ne pouvons évoluer des tentes aux maisons. Nous vivons dans des maisons et nous nous déplaçons occasionnellement dans des tentes et retournons ensuite dans nos maisons. Les symboles bibliques sont similaires. Abraham vécut dans des tentes, mais naquit dans une maison en dur en Ur, en Chaldée. Dieu institua la fête des tabernacles (ou tentes) pour que le peuple d’Israël se souvienne qu’il avait habité dans des tentes durant leur traversée d’Egypte pour Canaan. Décrire le corps comme une tente naturelle implique la préexistence et la post-existence à la fois dans un état plus permanent.

Inconnus et étrangers

Nous découvrons cette phrase dans 1 Pierre 2 :11 « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme », et dans Hébreux 11 :13 « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre ». Vous pouvez seulement être un inconnu ou un étranger si vous venez de quelque part ailleurs. Le mot grec pour étranger (παρεπιδημος) signifie quelqu’un qui vient d’un autre pays.

Arrivant nu dans ce monde

« Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter » (1 Tim. 6 :7). Ces paroles de Paul montrent la pré et post-existence tout à la fois, car pour apporter quelque chose avec soi dans un lieu, suppose un départ à partir d’un autre, et en l’occurence, ceci présuppose une autre existence. Emporter quelque chose avec soi vers un autre lieu, présuppose de la même manière qu’il en existe un autre, et en l’occurence une autre existence.

UNE EXPLICATION AUTRE

Parvenus à ce point de développement, nous devons considérer une autre explication à quelques-unes (mais pas toutes) des passages des Ecritures mentionnés ci-dessus. Paul écrivit « comme en Adam, tous morts sont morts, ainsi en Christ, tous ressusciteront ». La mort, la séparation, la réconciliation et la rédemption peuvent tous être envisagés comme arrivant à la race humaine toute entière, plutôt qu’à chaque membre individuel.

L’histoire des enfants d’Israël en Egypte illustre cette idée. Lors de la sortie d’Egypte, Dieu accorda sa rédemption au peuple tout entier plutôt qu’à des individus. Jacob descendit en Egypte avec 70 personnes. Beaucoup plus alors étaient nés et morts en Egypte. Des générations plus tard, Moïse fit alors sortir d’Egypte plus d’un million de personnes. Aucune d’entre elles ne vint en Egypte, n’y vécut puis s’en retourna en terre de Canaan. Seul, le peuple dans sa globalité le fit.

Ainsi, est-ce que des membres individuels de la race humaine qui meurent et deviennent vivants, ne sont-ils pas séparés puis réconciliés, vendus au péché puis rachetés ? N’est-ce pas plutôt la race humaine dans sa globalité ?

La réponse n’est pas « soit… ou », mais « le tout … et ». Ces choses arrivent à la fois à la race humaine dans sa globalité et à ses membres individuels.

Les Ecritures peuvent avoir beaucoup d’interprétations et d’accomplissements. Pour tous, trop souvent, une interprétation valable des Ecritures a aveuglé nos yeux pour en découvrir une autre ! Chacun sait que le Saint-Esprit descendit sur l’église dans son ensemble le jour de la Pentecôte. Des générations de croyants ont été aveuglées par le fait qu’il descend aussi sur des individus.

Plusieurs livres ont été écrits sur la manière merveilleuse par laquelle Jésus fut l’accomplissement des fêtes de l’ancienne alliance et du Tabernacle. Nous sommes enthousiasmés en ayant par ces ouvrages une plus grande compréhension de Jésus.Toutefois, nous sommes émerveillés une seconde fois quand nous réalisons que les anciennes fêtes sont aussi un modèle pour notre propre croissance spirituelle et notre marche avec Dieu.

Les Ecritures renferment des modèles célestes, qui ont connu souvent plus d’un accomplissement terrestre. Ainsi, la mort et la résurrection, la séparation et la réconciliation, l’esclavage et le rachat survenus de différentes manières au peuple juif, mais également à la race humaine toute entière ainsi qu’à ses membres individuels.

ANECDOTE

Un Jour, une très petite fille dit à ses parents qu’elle voulait aller parler par elle-même à leur nouvel enfant. Les parents avaient installés un interphone de sorte qu’ils pouvaient entendre le bébé crier. Ils lui firent signe d’aller et se demandaient ce qu’elle allait dire. Par l’interphone branché dans la chambre du bébé, ils pouvaient entendre ce qu’elle disait : « Depuis que je suis sur cette terre, j’ai oublié à quoi ressemble le Père, peux-tu me dire à quoi il ressemble ? ».

IMPLICATIONS

Quelles implications découlent de la préexistence, et comment celle-ci change nos comportements ? Nous allons prendre en compte en premier lieu les implications d’ordre général puis celles qui sont personnelles.

Implications générales

L’enseignement traditionnel nous a présenté cette vie comme le début à notre existence. Cette vie peut être plus ou moins longue, heureuse ou misérable, privilégiée ou non, vécue dans des ténèbres païennes ou saisie à chaque moment par une lumière spirituelle. Quelques-uns sont nés dans une bonne famille et un pays libre, et vivent beaucoup d’années en bonne santé, dans la joie et l’abondance. D’autres sont nés dans la pauvreté et la privation ou sous des gouvernements mauvais, ou bien vivent leurs vies avec toutes sortes de souffrance pour aucune faute commise à l’évidence par eux.

L’homme de ce monde nous dit inlassablement que c’est injuste. Comment Dieu peut-il être juste quand l’existence est si inégalitaire ?

Par le passé, nous aurions pu répondre que la vie ne se termine pas avec la vie terrestre. Quiconque se repent de ses péchés et croit en Jésus pour son salut, ira au ciel au moment de sa mort, et ses souffrances seront changées en une joie infinie. Celui qui ne se repent pas ira dans un tourment éternel.

Et notre ami de répliquer que ceci est encore plus injuste. Car, non seulement, cette vie est injuste, mais l’étape suivante l’est encore davantage. Beaucoup de gens quittent cette vie dans la souffrance et la misère, en pensant que le pire est encore à venir dans l’éternité qui suit.

Merci Seigneur car le véritable évangile est bien plus beau que cela ! Notre vie dans ce monde est une petite partie d’une infiniment plus grande description. Elle n’en est ni le commencement ni la fin. Notre véritable commencement avec Dieu fut bon. Notre ultime position avec lui sera de loin encore bien meilleure. C’est une situation de bénédictions célestes qui peuvent commencer pour nous dès maintenant.

Paul écrivit « Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure » (2 Cor 4 :17). Jésus lui-même souffrit au-delà de tout ce qu’il est possible d’imaginer, quand les ténèbres inconcevables et le poids des péchés du monde brisèrent jusqu’à ce moment sa parfaite communion avec le père. A des degrés divers, tous les autres membres de la race humaine souffrent d’une brèche faite dans leurs relations avec notre Père. Finalement, tous retourneront à une communion parfaite avec lui. Longue ou brève, petite ou grande, la souffrance de cette vie semblera peu de chose comparée à la gloire qui, finalement, viendra pour toute l’humanité.

Celui qui regarde un petit coin d’une peinture à l’huile pourrait facilement dire qu’il n’y a aucun sens. Montrer lui tout le tableau, et il pourra voir un magnifique chef-d’œuvre. Quand nous regardons à cette vie avec notre vue humaine limitée, nous voyons seulement une petite partie d’un infiniment plus vaste ensemble. La création de Dieu est comme une gigantesque et parfaite tapisserie. Car maintenant, nous en voyons seulement une part infinitésimale. Il regarde la globalité d’éternité en éternité et déclare, comme mentionné dans le livre de la Genèse, que ceci est très bon.

Les implications individuelles

Quelle différence cela fait dans nos vies personnelles d’avoir conscience de la pré-existence ?

Tel le fils prodigue, nous revenons au Père que nous avons auparavant connu et aimé. Nous n’allons pas vers un nouveau pays, où nous ne sommes jamais allés. Nous retournons à la maison tel un voyageur en pays étranger, à la maison et au lieu auxquels nous sommes rattachés.

La réconciliation avec Dieu n’est pas de se faire des amis de personnes que nous n’avons jamais connues auparavant. C’est la restauration d’une relation perdue et brisée, et une montée bien plus grande à un nouveau et merveilleux degré.

Nous ne sommes pas achetés par un nouveau propriétaire que nous n’avions auparavant jamais rencontré, mais rachetés par notre Père céleste originel, plein d’amour.


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