La Nouvelle Alliance

Introduction

La Bible est divisée en deux parties qui ont été appelées l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Ces mots proviennent clairement de ce que Dieu dit à Jérémie. « Des jours viendront où je ferai une nouvelle alliance avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda ». En français, les mots testament et alliance sont des traductions diversifiées du même mot originel.

La plupart des chrétiens, je crois, vivent sous l’ancienne alliance. Sans nul doute, ils lisent le Nouveau Testament et fondent leurs doctrines à partir de son contenu, mais plusieurs aspects de leur vie et de leur expérience relèvent plus de l’ancienne alliance que de la nouvelle. Une juste compréhension de la différence entre les deux alliances est fondamentale pour parvenir à une croissance spirituelle. 

Je pense que la même chose était vraie aux temps bibliques. Beaucoup de croyants au temps du Nouveau Testament manquèrent de connaître et d’expérimenter la plénitude de la nouvelle alliance que Jésus inaugura par son sang. D’un autre côté, beaucoup de saints de l’Ancien Testament dépassèrent les privilèges de leur temps et connurent des expériences profondes avec Dieu. Ils marchèrent dans les voies de la Nouvelle Alliance.

Les termes de la Nouvelle Alliance sont mentionnés dans Jérémie, chapitre 31, versets 31 à 34 :  « Voici, les jours viennent, » dit l’Éternel, « où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, alliance qu’ils ont violée, quoique je fusse leur maître, » dit l’Éternel. Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Éternel: « Je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai dans leur coeur; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Celui-ci n’enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant: ‘Connaissez l’Éternel!’ Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, » dit l’Éternel; « car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. »

Ce passage extrait de Jérémie est indiqué en totalité dans la Lettre aux Hébreux, chapitre 8, versets 8 à 12. Une grande partie de la Lettre aux Hébreux est en rapport avec le thème de la nouvelle alliance et elle sera précieuse pour la présente étude.

Pourquoi était-il nécessaire pour Dieu de faire une nouvelle alliance ?

La Loi

Dieu fit la première alliance avec le peuple d’Israël quand il le conduisit hors d’Egypte. Cette première alliance était basée sur la loi. Cette loi était résumée par les dix commandements et détaillée dans les livres de l’Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome. Ces livres, tous ensemble avec celui de la Genèse, sont les fondations de l’Ancien Testament et sont connus sous le nom de Torah ou de Loi.

Les lois que Dieu donna par l’intermédiaire de Moïse étaient justes, agréables, et largement supérieures à celles des peuples environnants. Elles étaient strictes de par la nouveauté de leurs normes. La peine de mort était prescrite en cas de sorcellerie, d’adultère, de vol et de maltraitance envers ses parents, et en cas d’autres méfaits aussi bien qu’en cas de meurtre. Toutefois, si ces lois étaient encore en vigueur de nos jours, je ne doute pas qu’elles conduiraient à une société meilleure où le coupable pourrait commencer à craindre tandis que l’innocent pourrait marcher librement dans la rue.

Aussi parfaites que furent ces lois, elles ne conduisirent pas à une nation intègre. Près de 1000 ans après qu’elles furent données, le jugement de Dieu tomba en premier sur Israël puis sur Juda. Ils avaient délaissé les commandements de Dieu et échouèrent totalement à rester sous l’ancienne alliance. En tout premier lieu, ils avaient rompu avec le tout premier commandement pour se tourner et adorer d’autres dieux. Aussi, les Assyriens puis les Babyloniens vinrent dévaster leur pays, ravagèrent Jérusalem et emmenèrent en captivité beaucoup de gens.

Ce fut à ce point critique de l’histoire d’Israël que Jérémie proclama la promesse de Dieu d’établir une nouvelle alliance.

Le problème crucial ne se trouvait pas dans les lois que Dieu avait données. Il réside dans la nature humaine. « Le cœur » dit Jérémie « est tortueux par-dessus tout, et il est méchant » (Jérémie 17 :9). La teneur de la nouvelle alliance est la promesse de Dieu de changer le cœur. « Je mettrai mes lois en eux et je les écrirai sur leur cœur » (31 :33). Tant que le cœur humain est orgueilleux, cupide et idolâtre, il n’y a aucune chance pour qu’il garde les lois de Dieu, quelle que soit l’entraînement à la discipline, l’exhortation ou la répétition. Il y a une loi interne d’intervention qui est en conflit avec les ordonnances de Dieu.

Beaucoup de gens n’ont jamais pris conscience de cela. Ils peuvent expérimenter une conversion authentique, se détourner de leurs mauvais habitudes et changer radicalement leur style de vie, et, malgré cela, l’état intérieur de corruption était identique à celui d’avant.

Paul fut spectaculairement converti sur la route de Damas. Sa vie changea complètement de direction. Le zèle qu’il mit auparavant à persécuter les chrétiens commença alors à être mis au service de la prédication de l’évangile. Mais ces problèmes n’étaient pas résolus pour autant. En quelque sorte, ils venaient juste de commencer. Il nous fait part dans Romains, chapitre 7, comment il était angoissé par la loi parce qu’il ne parvenait pas à la respecter. Je ne pense pas qu’il faisait référence aux jours d’avant sa conversion. Je crois que ces combats se déclenchèrent après qu’il eût rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Finalement, il trouva la victoire et proclama le triomphe. « La loi de l’esprit de vie en Christ vous a rendu libre de la loi du péché et de la mort. Car ce que la loi ne pouvait faire, Dieu l’a fait… » Dans Romains chapitre 8, Paul décrit le nouveau chemin de victoire qu’il avait découvert.

Qu’est-ce que cela signifie d’avoir la loi de Dieu écrite sur le cœur ? Ce n’est rien moins qu’un changement radical de nature. C’est un miracle surnaturel. Vous pouvez entraîner un chien à mendier et se tenir sur ses pattes arrière et exécuter toutes sortes de trucs. Avec persévérance, vous pouvez même réussir à lui faire des actes contraires à sa nature, mais vous ne pouvez jamais changer sa nature. Cependant, quoique vous fassiez pour qu’il agisse comme un être humain, il restera toujours un chien. Dieu modifie notre nature à tel point que nous agissons en accord avec ses lois. « Il nous a accordé de si grandes et précieuses promesses que par elles nous pouvons devenir participants de sa nature divine, échappant ainsi à la corruption qui est dans le monde au travers de la débauche ». (2 Pierre 1 :4). Un animal ne peut jamais devenir un être humain, mais un humain, par la grâce de Dieu, peut acquérir une nature divine.

Par nature, le cœur de l’homme est corrompu. Beaucoup de facteurs peuvent cacher ce fait fondamental. Une bonne éducation, de bons amis et connaissances, la pression du monde pour donner de soi une image positive ainsi que l’orgueil religieux peuvent tous contribuer à améliorer l’apparence, mais aucun d’eux ne peut changer le cœur. Une nouvelle naissance telle qu’indiquée ci-dessus est la seule chose qui le peut et c’est là le sens de la promesse de la nouvelle alliance.

Enseignants

Après avoir parlé de la loi, Jérémie continue en parlant des enseignants : « Et ils n’enseigneront plus chaque homme, leur frère, disant : ‘Connais le Seigneur’ car tous me connaîtront, du plus petit au plus grand d’entre eux ». Jean confirme cette pensée avec cette affirmation : « Vous n’éprouverez plus le besoin que quelqu’un vous enseigne… Son Esprit Saint vous enseignera toutes choses… » (1 Jean 2 :27).

Fondamentalement, tout enseignement humain provient par nature de l’Ancienne Alliance parce qu’il est extérieur à l’homme. Il est effectué par l’homme et peut seulement influencer l’aspect extérieur. L’enseignement de la nouvelle alliance est fait par le Saint Esprit et touche l’intérieur de l’homme. Jésus dit à ses disciples : « Il est bon pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne pourra pas venir vers vous… J’ai encore beaucoup d’autres choses à vous dire, mais vous ne pouvez les recevoir à présent. Mais quand, Lui, l’Esprit de vérité viendra, il vous guidera dans toute la vérité … » (Jean 16 :7, 12, 13). Jésus essayait de leur faire comprendre que l’enseignement intérieur du Saint-Esprit serait plus profitable pour eux que son propre enseignement qui affectait, comme tout autre enseignement humain, l’extérieur. Même s’il était le meilleur enseignant que le monde n’ait jamais eu, l’enseignement du Saint-Esprit serait préférable. En dépit des apparences, ils étaient alors prêts pour vivre cette transition de l’extérieur vers l’intérieur.

Nous pouvons confronter les paroles de Jésus avec celles de Moïse : « Je sais qu’après ma mort, vous pécherez et vous vous détournerez des voies que je vous ai montrées » (Deutéronome 31 :29). Telle était la situation dans l’ancienne alliance (et celle qui existe de nos jours pour la majorité des chrétiens) ; sans un enseignant et un maître, toutes choses tombent en pièces.

Nous trouvons le même contraste dans la prophétie de Joël, soulignée par Pierre le jour de la Pentecôte : « Il adviendra dans les derniers jours, »   dit Dieu, « que je répandrai mon Esprit sur toute chair… fils, filles, jeunes hommes…vieillards, serviteurs mâles et femelles … ». Chaque individu de toute couche de la société, y compris jusqu’à la servante illettrée est en mesure d’avoir une expérience et une révélation directe, personnelle avec Dieu. La dépendance à de grands leaders ou enseignants est terminée.

La plupart des chefs religieux ont une attitude qui est plus proche, dans l’esprit, des paroles de Moïse : « après ma mort, vous vous corromprez … » que de celles de Jésus : « Il est bon pour vous que je m’en aille ». Ils veulent se sentir indispensables. A moins qu’ils ne se sentent authentiquement concernés par le bien-être de leurs ouailles, bien qu’ils manquent d’une réelle compréhension de ce qu’est la nouvelle alliance, et la foi dans la puissante protection du Saint Esprit. Au pire, ils perdront leur position, leurs revenus et leur sécurité si personne ne dépend d’eux.

Quel est alors le rôle des enseignants dans la Nouvelle Alliance ? Nous trouvons la réponse à cette question dans Ephésiens 4 :11-16. Ce passage catégorise les enseignants en 5 ministères ou services qui sont donnés par le Christ monté aux Cieux à son église – apôtres, prophètes, pasteurs, enseignants et évangélistes. Paul dit que le but de ces ministères est de protéger les nouveaux croyants contre la déception et d’amener le corps de Christ à maturité.

La plupart des nouveaux croyants sont incapables de franchir les étapes mentionnées dans la nouvelle alliance. Beaucoup, à cette époque (comme de nos jours) étaient des païens qui n’avaient même jamais entendu parler de l’ancienne alliance. Ils avaient à se soumettre à la loi que Paul décrivit comme un tuteur pour nous diriger vers Christ. Il souligna ceci par les mots : « Or, aussi longtemps que l’héritier est enfant, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le père. » (Galates 4 :1,2).

Le nouveau croyant peut aussi très facilement se laisser aller à la déception. Nous vivons dans le temps où Jésus prédit qu’il y aurait beaucoup de faux prophètes. Le jeune croyant (et beaucoup d’autres qui devraient avoir plus de discernement) a souvent beaucoup de difficultés à démasquer le loup sous l’apparence de l’agneau. Ses sens ne sont pas habitués à discerner. Si nous disposions des 5 ministères des Saintes Ecritures oeuvrant de manière sensée parmi nous, les fauteurs de trouble ne trouveraient pas leur tâche si aisée. C’est la carence de ces ministères authentiques qui amènent tant de chrétiens à rester à un âge spirituel infantile qui les rend une proie facile pour les faux et fallacieux enseignants.

Les enfants de parents chrétiens sont dans une position similaire. Ils ne peuvent pas encore être dirigés par les principes de la nouvelle alliance. Nous leur apprenons à se discipliner et à appliquer la loi dans leur vie. Même s’ils ont un authentique désir de suivre Jésus, nous ne pouvons les affranchir de la loi et leur permettre de faire ce qu’ils désirent. Ils ne sont pas encore prêts. Ils doivent d’abord apprendre à obéir à une loi extérieure.

Pasteurs et enseignants sont nécessaires pour amener le nouveaux croyant à sortir de l’expérience de l’ancienne alliance pour parvenir à maturité, afin qu’il puisse alors marcher dans la plénitude de la nouvelle alliance. Alors, leur rôle est rempli. Il continuera à se réjouir de partager avec d’autres saints (bien qu’à un niveau plus riche et plus profond qu’auparavant) et il deviendra à son tour enseignant et pasteur de jeunes croyants, mais il n’aura plus besoin lui-même d’enseignant.

Les Saintes Ecritures

La loi écrite sur la pierre et détaillée sur le papier fut le fondement de l’ancienne alliance. La loi écrite dans nos cœurs est le fondement de la nouvelle. Dans l’ancienne alliance, les Saintes Ecritures donnèrent un jeu de lois et de règles pour la vie quotidienne. Aurons-nous encore besoin des Saintes Ecritures dans la nouvelle alliance ? Si c’est le cas, quelle sera leur place ?

Recommençons en posant les mêmes questions à propos de Jésus. Avait-il besoin des Saintes Ecritures ? Quelle fut leur place dans sa vie ? Je crois que, pour sa part, la réponse est non. Il n’avait pas besoin des Saintes Ecritures. La loi de Dieu était parfaitement écrite dans son cœur. Sa relation avec Son Père avait atteint le point de la perfection et il n’avait nul besoin d’un support extérieur. Ils correspondirent dans une interpénétration sans faille durant toute sa vie. Il cita les Ecritures dans son conflit avec Satan dans le désert. J’ignore s’il en avait besoin. Il cita les Ecritures dans sa confrontation avec les Pharisiens . Il confirma les Ecritures à ses disciples sur la route d’Emmaüs. Je ne doute pas qu’il prenait plaisir aux Saintes Ecritures comme il voyait en elles le reflet de sa propre pensée. Il les trouvait « utiles pour enseigner, réprimander, corriger et forger dans la justice » (2 Timothée 3 :16) mais je ne pense pas qu’il en avait besoin pour lui-même.

Jésus est notre Sauveur et Seigneur, et aussi notre modèle et notre exemple. Dieu, notre Père, prévoit que nous devenions comme lui, et dans la plénitude de la nouvelle alliance, nous le serons. C’est une erreur de croire que nous y parviendrons par une lecture assidue des Ecritures. Si ce principe ne s’est pas appliqué à Jésus, il ne peut non plus s’appliquer à nous. Il hérita de la nature de son Père céleste, ainsi que nous.

Le fait de lire les Saintes Ecritures ne contribuera pas à ce qu’elles soient inscrites dans nos cœurs. Elles peuvent être imprimées dans nos esprits si nous disposons d’une assez bonne mémoire pour les retenir, mais ce n’est pas la même chose. C’est plutôt même le contraire. Quand Dieu aura écrit sa loi dans nos cœurs, nous nous tournerons vers les Saintes Ecritures et reconnaîtrons que leur contenu est déjà en nous. Nous les comprendrons alors et nous nous en réjouirons tout comme Jésus le fit. Nous les trouverons alors utiles pour « enseigner, réprimander, corriger et forger dans la justice ». Nous pourrons alors les utiliser pour enseigner et former, pour repousser et dénoncer les œuvres des ténèbres, et pour nous corriger et corriger les autres. Si nous devons être en prison et privés de nos Bibles, il ne fait aucun doute qu’elles ne nous manqueront pas, car nos vies spirituelles n’en dépendront pas. Elles refléteront ce qui est déjà dans nos cœurs, mais elles ne seront pas le moyen par lequel Dieu l’aura fait. Il le fera par son Esprit.

Beaucoup d’incompréhension résulte de l’appellation de la Bible comme la Parole de Dieu ou plus simplement la Parole. La Bible elle-même ne parle pas ainsi. Elle se réfère aux Ecritures, ce qui signifie quelque chose de tout à fait différent de ce qu’elle entend par la Parole de Dieu. Si vous doutez de cela, cherchez dans toute la Bible, à l’aide d’une concordance et constatez. Remarquez dans Actes 17 : 11 : « … Ils ont reçu la parole … et sondaient les Ecritures … ». La parole ici est clairement différente des Ecritures. Aussi, quand nous lisons que la Parole fut faite chair, ce n’était évidemment pas la Bible qui fut faite chair.

Trois autres versets sont fréquemment soulignés comme références bibliques. « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu ». « L’épée de l’esprit qui est la parole de Dieu » -partie de l’armure dans Ephésiens 6-. « La parole de Dieu est vivante et puissante et plus pointue qu’une épée à double tranchant ». Prendre ces versets comme référence aux Ecritures est déformer une interprétation de l’ancienne alliance. Croire et enseigner un concept de l’ancienne alliance ne conduira jamais à une expérience de la nouvelle alliance. Nous serons plutôt comme ceux dont Jésus disait : « Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient » (Luc 11  :52).

Si la Parole de Dieu ne signifie pas la Bible, que veut-elle dire alors ? Si nous nous libérons de nos idées préconçues, nous pouvons commencer à trouver la réponse. Logos en grec a une signification étendue, mais qui tourne autour du concept de parole et de pensée. La parole ou logos de Dieu est tout ce que Dieu dit ou pense. C’est tout message ou pensée qui vienne de Lui. Dieu créa l’univers par la parole. Il parla aux prophètes de l’ancienne alliance et par leur intermédiaire. Il parla à Jésus-Christ et par son intermédiaire. Il parle à son peuple de nos jours et par son intermédiaire. Tout ceci est Sa parole. Quand sa parole nous parvient, elle est la nourriture qui nous donne la vie. Elle est puissante et traverse nos cœurs. Elle est l’épée de l’Esprit. Elle ne retourne pas à vide vers Lui, mais accomplit ce pourquoi Il l’avait envoyée.

S’il vous plait, ne vous méprenez pas. Je ne suis pas en train de contester l’autorité ou l’inspiration des Ecritures. Je cherche à clarifier leur place dans la nouvelle alliance. Je désire leur donner la place que Jésus leur donne et celle qu’elles-mêmes se donnent.

J’ai écrit un article séparé sur ce sujet sous le titre Les Saintes Ecritures et la Parole de Dieu.

Autres Changements

Quels autres changements se produisent avec la nouvelle alliance ? Alors que nous effectuons cette étude, nous commençons à découvrir une merveilleuse cohérence dans les voies de Dieu. Parfois, c’est tellement simple que nous nous étonnons de ne pas nous en être rendu compte plus tôt. Comme nous l’avons vu, nous avons évolué d’une loi visible, extérieure à une autre, interne et invisible. De la même manière, les enseignants humains, tangibles sont remplacés par l’Esprit de Dieu invisible et intérieur.

Nous allons maintenant poursuivre pour constater que la nouvelle alliance nous apporte beaucoup d’autres changements parallèles et ayant un lien entre eux. Nous commencerons par considérer le nouveau peuple de Dieu.

Un Nouveau Peuple

Au temps de l’ancienne alliance, Dieu choisit un peuple spécifique parmi tous les autres peuples de la terre. Ce fut le peuple d’Israël, les descendants physiques d’Abraham, par l’intermédiaire d’Isaac et de Jacob, connus plus tard sous le nom de Juifs. Jusqu’à ce jour, ils restent le peuple choisi par Dieu selon un ordre naturel. Bien que des gens puissent devenir Juifs par la conversion au Judaïsme, la méthode courante pour devenir membre de ce peuple est la naissance physique par l’intermédiaire d’une mère juive.

Quand le Messie vint en Israël, les dirigeants et la majorité de la population juive le rejetèrent. Plus tard, la majorité fut conduite à rejeter la puissance et le témoignage authentique de la première église. Alors, le jugement de Dieu tomba sur le peuple juif et en 70 après Jésus-Christ, les Romains saccagèrent Jérusalem et éparpillèrent les juifs sur toute la terre. Une souffrance d’ordre physique et un aveuglement spirituel tombèrent tout à la fois sur la race élue pendant presque 1900 ans d’errance de pays à pays sans jamais trouver le repos.

Ce siècle a été témoin d’événements dramatiques sans précédent pour les juifs au moment où leur exil interminable prenait fin et leur aveuglement spirituel commençait à s’estomper. L’holocauste d’Hitler secoua le monde entier et consécutivement la naissance de l’Etat moderne d’Israël ainsi que sa survie l’étonnèrent.

Les réalisations du peuple Juif ont été sans commune mesure avec l’importance de sa population. Il a donné au monde les Ecritures, le communisme et les armes nucléaires. Ses réalisations littéraires, scientifiques et artistiques ont été étonnantes. Tout ceci démontre qu’il s’agit d’un peuple spécial avec un dessein spécifique en Dieu.

Aussi dramatique et merveilleuse qu’est la pensée de la manifestation de la puissance de Dieu en eux, l’Israël naturel demeure rien de plus que le peuple de l’ancienne alliance. Ce fut un grand jour quand Yahweh, à main forte et a bras étendu, a sorti d’Egypte le peuple de l’ancienne alliance. Ce fut un jour plus grand quand Jésus étendit ses bras et perdit son sang pour sortir du péché le peuple de la nouvelle alliance.

L’entrée dans la lignée du peuple de l’ancienne alliance se fait par la naissance naturelle. La naissance spirituelle nous introduit dans la nouvelle alliance. Tous ceux, et seulement ceux-là, qui sont nés de l’Esprit de Dieu font partie de son peuple nouveau. Seule la nouvelle naissance peut nous rendre fils et filles de Dieu.

A ce propos, nous devons souligner que ni le baptême ni l’appartenance à un groupe ou une dénomination, ni aucun acte positif que nous avons pu faire, ni la nationalité, ni la couleur ou quoi que ce soit en relation avec l’être humain peut nous faire devenir membre du peuple de la nouvelle alliance. La seule façon est la naissance spirituelle.

Peu de membres de cette nouvelle race spirituelle ont exercé des dons naturels. Dieu a choisi principalement le pauvre et le faible de ce monde. Paul rappelle que « considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes » (1 Corinthiens 1 :26-27).

Pourtant, le nouveau peuple de Dieu a des dons et des pouvoirs spirituels. La plupart d’entre eux sont invisibles à l’œil nu et sont cachés à l’esprit humain. Néanmoins, leur véritable bénéfice est beaucoup plus grand. Jusqu’à ce que les Livres des Cieux soient ouverts et leurs secrets dévoilés, les conflits et les batailles spirituels de bien d’hommes et de femmes de Dieu humbles resteront cachés de leur entourage. Seule l’Eternité révélera ce qui a été durablement apporté en bien à l’humanité.

C’est un privilège d’être né naturellement membre de l’ancienne alliance du peuple de Dieu. C’est un plus grand privilège encore d’être né d’en haut, spirituellement, en tant que membre de la nouvelle alliance. Loué soit Dieu qu’il y ait une augmentation croissante de gens nés Juifs, c’est-à-dire appartenant au peuple de l’Ancienne Alliance, puis nés d’en-Haut par le Saint-Esprit, appartenant ainsi au peuple de la Nouvelle Alliance.

Une Nouvelle Prêtrise

Sous la nouvelle alliance, il n’y a pas seulement un nouveau peuple, mais aussi une nouvelle prêtrise. Les prêtres de l’ancienne alliance étaient issus de la tribu de Lévi et de la famille d’Aaron. Ils avaient des obligations clairement définies au Tabernacle et au Temple comme ils étaient des intermédiaires entre Dieu et les hommes. Le chapitre 7 de la lettre aux Hébreux montre clairement que la nouvelle alliance a une nouvelle prêtrise qui est de loin supérieure à l’ancienne. Ce nouvel ordre est appelé l’ordre de Melchisedek et Jésus est le plus haut prêtre.

L’appartenance à la prêtrise de la tribu de Lévi se faisait par filiation naturelle de père en fils. Ce principe n’a pas toujours donné des résultats satisfaisants. De bons pères n’ont pas toujours de bons fils ! Les fils d’Elie étaient grandement corrompus et les fils de Samuel n’étaient guère mieux. L’héritage basé sur la descendance naturelle est incertain. Cependant le fonctionnement de la tribu de Lévi était exploitable et suffisant pour illustrer le concept de la prêtrise, et Dieu l’utilisa jusqu’à ce qu’Il introduise le nouvel ordre de la prêtrise de Melchisedek.

La lettre aux Hébreux 7: 3 décrit Melchisedek comme « sans père, sans mère, sans généalogie, ayant ni commencement ni fin de vie, mais à l’image du Fils de Dieu, il demeure un prêtre éternel ». Jésus entra dans cette nouvelle prêtrise « non d’après la loi d’une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d’une vie impérissable » (Hébreux 7 : 16). Il y entra, non parce que son père adoptif, Joseph, en faisait partie, ni parce que un engagement ecclésiastique l’y conduisit ; mais par un rendez-vous donné par Dieu. Il correspondait simplement aux exigences de la fonction de la prêtrise. Son ordination ne fut pas une cérémonie religieuse, mais la proclamation faite par Dieu à son baptême « Ceci est mon fils bien-aimé en qui je prends plaisir », au moment où le Saint-Esprit descendait sur lui sous la forme d’une colombe.

La prêtrise de la tribu de Lévi avait servi son dessein. Les prêtres ecclésiastiques n’ont jamais été plus q’une imitation contrefaite de ce fonctionnement (bien que beaucoup soient sincères et de grande qualité). Dieu ordonne des prêtres dans la prêtrise de la nouvelle alliance par Melchisedek sur les mêmes bases qu’Il le fit pour leur Grand Prêtre. Il oint avec le Saint-Esprit ceux qu’Il a choisis pour accomplir les tâches qu’Il leur a assignées.

Une Nouvelle Construction

La nouvelle alliance a un peuple nouveau, une nouvelle prêtrise, et aussi une nouvelle construction.

Au point culminant de l’histoire nationale d’Israël, Salomon construisit le premier grand temple. Les armées de David s’étaient montrées partout victorieuses et Salomon bénéficia en conséquence de la paix et de la prospérité. Il concentra ses énergies à construire une maison pour Dieu. Dieu n’avait jamais ordonné cela, bien qu’il eût instruit Moïse à bâtir un tabernacle. Ce fut à partir de l’idée bien intentionnée de David que Dieu donna autorisation à Salomon de la mettre à exécution.

Dieu ne considéra pas ce temple comme une chose importante. Il permit à ce qu’il fut endommagé par un tremblement de terre du temps du Roi Uzziah. Nabuchodonosor le réduit en cendres au temps de la captivité. A leur retour de Babylone, les exilés le reconstruisirent. Antiochus Epiphane le souilla en introduisant à l’intérieur une statue de Jupiter et en offrant des porcs sur l’autel. Il fut reconstruit plus tard par Hérod le Grand et la magnifique architecture intérieure était présente du temps de Jésus.

Les Juifs de ce temps le considéraient avec la plus haute déférence. Jésus, Étienne et Paul furent tous accusés de blasphème à son égard. Alors que les disciples étaient en train de l’admirer, à leur déconvenue, Jésus leur dit : « Voyez-vous toutes ces grandes bâtisses ? Aucune pierre qui les composent ne sera déposée, toutes tomberont à terre ».

L’intention de Dieu allait au-delà de cette construction pour un autre temple. – un temple de la nouvelle alliance. « Le Très-Haut n’habite pas dans des maisons faites de main d’homme », dit Étienne dans un discours qui le conduisit à devenir le premier martyr pour Jésus. Le plan divin était infiniment plus grand. Son vrai temple devait être fait d’êtres vivants. Il ne souhaitait pas vivre dans de la brique et de la pierre. Le Nouveau Testament est rempli de ce message: « Vous êtes le temple du Saint-Esprit ». L’idée que Dieu désire une construction spéciale où il puisse être adoré est désormais dépassée. Il prononça son verdict définitif quant au temple terrestre en 70 après Jésus-Christ au moment où les légions romaines accomplissaient à la lettre la prophétie de Jésus disant qu’il ne restera pas de ce temple pierre sur pierre alors qu’ils fouillaient ses fondations à la recherche de l’or caché.

Qu’en est-il de nos bâtisses d’église ? Sur le plan architectural, aucun doute que beaucoup d’entre elles suscitent l’admiration et beaucoup de gens éprouvent à leur égard un attachement émotionnel. Cependant, nous ne pouvons laisser de telles considérations assombrir notre jugement spirituel. Les considérer comme des maisons de Dieu ou comme des lieux saints est renier la nouvelle alliance. Révérer un bâtiment est de l’idolâtrie qui ne peut que conduire à un aveuglement spirituel et à une confusion.

Beaucoup d’églises de villages, ici en Europe, sont bel et bien construites sur des anciens sites de culte païen. Une situation similaire existait du temps de l’Ancien Testament. Tout au long des grandes périodes de l’histoire d’Israël, Yahweh fut adoré sur des hauts lieux, où les païens avaient précédemment offert des sacrifices. Même le prophète Samuel semble l’avoir fait et il ne fait pas de doute que Dieu qui sonde les cœurs accepta son offrande. Beaucoup de rois justes de Juda dans les derniers temps permirent à cette pratique de perdurer. Le roi Ezechias s’éleva au-dessus des pratiques de ses ancêtres et fit détruire ces hauts lieux. Le verdict de Dieu « … après lui, il n’y eut personne comme lui parmi tous les rois de Juda, ni parmi ceux vinrent avant lui. Car il se cramponna au Seigneur … et le Seigneur fut avec lui… » (2 Rois 18 : 5-7).

Fêtes Nouvelles

Pour les fêtes, nous trouvons les mêmes principes que nous avons déjà rencontrés. Dieu ordonna les fêtes de l’ancienne alliance. Les principales furent la Pâque, la Pentecôte et la fête des Tabernacles. Par l’intermédiaire de Moïse, il ordonna aux Israélites de monter 3 fois par an à Jérusalem pour les observer. Observer fidèlement ces fêtes, demandait beaucoup de temps, d’efforts et de dépenses, et pendant plusieurs siècles elles furent largement oubliées. Les rois Ezechias et Josias, et plus tard Ezra le scribe, ranimèrent ces fêtes et instruisirent le peuple afin qu’il les observe.

Jésus avait quelque chose de mieux à offrir. Il les amena dans l’accomplissement de la nouvelle alliance. Paul fait référence à ceci par ces mots : « Christ notre Pâque fut sacrifié pour nous, cependant conservons la Fête, non pas avec l’ancienne levure, la levure de malice et de méchanceté, mais avec le pain sans levure, le pain de la sincérité et de la vérité ». (1 Corinthiens 5 :7-8). Progressivement, les premiers disciples de Jésus abandonnèrent les fêtes, après qu’ils eurent découvert de bien meilleures compensations intérieures. J’ai développé ce sujet dans l’article Les Fêtes d’Israël.

L’église structurée, tout particulièrement après son établissement par l’empereur Romain Constantin, perdit de vue les réalités spirituelles de la nouvelle alliance et retourna aux fêtes païennes sacrificielles qui ne furent jamais ordonnées par Dieu. Noël, Pâques et autres fêtes du calendrier de l’église ont toutes leur origine dans les anciennes religions païennes. (J’ai développé ce sujet dans l’article Christmas and other Festivals in the Old Covenant, New Covenant and Church ».)

Un Nouveau Sabbat

Comme pour les fêtes, il en va ainsi du Sabbat. Dieu désigna le jour du Sabbat comme une alliance solennelle entre lui et le peuple d’Israël. Le Sabbat était le 7ème jour de la semaine qui tombait le Samedi. L’auteur de la Lettre aux Hébreux montra clairement que le Sabbat fait allusion à un repos spirituel, complètement séparé des autres jours de la semaine. Il en parla par ces mots : « Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. … Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance » (Hébreux 4 : 9, 11).

Une fois encore, l’église après avoir obtenu l’approbation des hommes et perdu la faveur de Dieu, retourna au paganisme quant à son inspiration et adopta le dimanche comme jour spécial pour l’observance. J’ai développé cela sous le titre Sabbath Rest.

Conclusions

Nous avons pris en compte la loi, les enseignants, les Ecritures, le peuple, les prêtres, les constructions, les fêtes et le Sabbat. Dans tous ces aspects, nous pouvons voir les mêmes caractéristiques : un commandement de l’ancienne alliance, un accomplissement de la nouvelle alliance et une contrefaçon de l’église.

Il y eut d’authentiques enseignants de l’ancienne alliance, puis la glorieuse réalité de l’enseignement intérieur, puis l’enseignement hiérarchique religieux de contrefaçon avec ses nombreuses et variées manifestations. Dieu donna une bonne et juste loi à Son peuple, suivie par la merveilleuse réalité d’une loi intérieure écrite sur les cœurs. Puis, tristement, nous assistons pendant des siècles à un retour à des lois humaines, à des rituels et à des livres de prière qui ne furent jamais inspirés par Dieu. Nous trouvons un peuple de l’ancienne alliance descendant d’Abraham, par Isaac et Jacob, un peuple de la nouvelle alliance né de l’Esprit de Dieu, et un peuple de la contrefaçon fondé sur le baptême ou l’appartenance à une église. Nous voyons les prêtres lévitiques, les prêtres de Melchisedek et les prêtres ecclésiastiques. Il y eut un tabernacle de l’ancienne alliance et puis le temple, un temple de la nouvelle alliance fait de pierres vivantes qui, de loin, le surpassait, et puis les constructions païennes se voulant être les maisons de Dieu. Nous avons les ombres des fêtes du Lévitique, les réalités de la nouvelle alliance, et les fêtes païennes de contrefaçon. Enfin, nous avons un Sabbat de l’ancienne alliance, un repos spirituel de la nouvelle alliance, et un Dimanche de l’église païenne.

Jésus inaugura la nouvelle alliance par son sang. Beaucoup de ses premiers disciples répandirent leur sang pour avoir le privilège de marcher dans ses voies. La lettre aux Hébreux fut principalement écrite pour les fortifier dans leur combat. Elle abonde en avertissements pour ceux qui veulent retourner à l’ancienne alliance. Chaque chapitre est pertinemment en lien avec le présent sujet. Laissez-moi terminer en citant les versets 18 à 24 du chapitre 12 :

« Vous ne vous êtes pas approchés d’une montagne qu’on pouvait toucher et qui était embrasée par le feu, … Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le choeur des anges, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus qui est le médiateur d’une nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion qui parle mieux que celui d’Abel. Gardez-vous de refuser d’entendre celui qui parle ».

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