Moïse et la Voie de la Filiation

Introduction

Moïse apparaît comme la figure dominante de l’Ancien Testament. Il y eut de grands hommes avant lui et de grands hommes après lui, mais pendant plus d’un millénaire, les mots de clôture du Deutéronome restèrent vrais « Depuis, il n’y eut aucun autre prophète en Israël aussi grand que Moïse, qui parlait face à face avec le Seigneur… ». Ce fut vrai jusqu’à ce que sa propre prophétie soit accomplie « Le Seigneur, votre Dieu, fera émerger pour vous un prophète comme moi, qui s’élèvera parmi vous, issu de votre filiation, vous l’écouterez » (Deutéronome 18: 15).

Quel fut le secret de sa grandeur ? La réponse tient à sa ressemblance avec Jésus. Aucun autre dans l’Ancien Testament ne fut plus semblable à Jésus que Moïse.

Le monde souhaite de nos jours avoir plus de gens ressemblant à Moïse ou à Jésus. Il ne manque pas de leaders politiques ou religieux, ou de scientifiques. Il y en a une multitude, mais ils ne peuvent résoudre les problèmes du monde, qui désire rien moins que des fils de Dieu. Paul exprima cette vérité dans Romains, chapitre 8, verset 18 à 23: « Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu ... la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement » C’était vrai au moment où Paul l’écrivit, c’est encore cent fois plus vrai de nos jours.

Jésus fut le fils unique de Dieu. Sa vie fut une entière démonstration de l’existence de Dieu. L’impact de ses trois brèves années de ministère, sa vie, sa mort et sa résurrection ont encore des répercussions de nos jours, même pour ceux qui ont rarement entendu parler de lui. Dieu n’eut jamais l’intention cependant que Sa vie soit une performance solitaire et unique. Il fut plutôt le prémice des premiers fruits de Dieu, appelé à être suivi par d’autres qui lui ressemblent. Il fut un signe pointé en direction de ceux qui devaient le suivre. Sa mort, celle de l’Agneau de Dieu sans péché, survenue à cause des péchés du monde entier fut naturellement unique et sans clonage possible. Sa vie vécue dans la puissance de l’Esprit de Dieu, n’est pas une exclusivité, mais appelée à être reproduite.

Moïse nous donna un avant-goût de cette vie. Il fut semblable à Jésus plus qu’aucun autre dans tous les livres de l’Ancien Testament. Comme nous entrons dans la grande mouvance de la manifestation des fils de Dieu, si nous suivons le chemin de la filiation, nous découvrirons davantage de choses dans la vie de Moïse qui puissent se comparer et expliquer notre propre expérience.

Dans cet article, j’ai sélectionné des évènements et des situations de la vie de Moïse, comparant chacun d’entre eux à des expériences similaires ou différentes de la vie de Jésus. Mon but est que, en saisissant leur signification, nous gagnions une plus claire compréhension de ce que Dieu est en train de faire dans nos vies, comme nous nous engageons sur le même chemin.

La Naissance de Moise

Plusieurs naissances atypiques sont décrites dans la Bible. Isaac, Samson et Jean le Baptiste, comme Jésus, eurent une naissance annoncée par des anges. Moïse fut comme Jésus mais d’une autre manière. De tragiques évènements unissent leurs naissances malgré les 1500 ans qui les séparent. Dans chaque cas, un méchant monarque décréta la destruction massive de nouveaux-nés afin de protéger son trône. Pharaon ordonna que chaque enfant mâle hébreu soit condamné à mourir. Hérode commanda que tout enfant mâle hébreu en-dessous de l’âge de deux ans soit tué.

Le livre de l’Apocalypse, chapitre 12, verset 4, décrit un événement similaire. Le grand dragon rouge se tient devant la femme en travail, attendant de pouvoir dévorer son enfant. Deux fois également dans l’histoire d’Israël nous trouvons des évènements semblables. Au cours de la période de la naissance de la nation dans les eaux de la Mer Rouge, ils eurent à affronter les hordes Amalécites qui les auraient détruits sans une intervention divine. Trois millénaires et demi plus tard, les armées arabes réunies attaquèrent le nouvel Etat d’Israël qui venait de renaître, et une fois de plus, sa survie fut miraculeuse.

Toutes ces naissances, celle de Moshé, de Jésus, de l’enfant mâle dans le livre de l’ Apocalypse, ainsi que la naissance et la renaissance de l’état d’Israël nous enseignent la même leçon. La naissance, et particulièrement la naissance d’un enfant mâle, est quelque chose que Satan conteste. A chaque occasion, nous voyons sa rage et sa haine. Dans chaque cas, Dieu intervient et l’enfant mâle est projeté au loin pour sa sécurité.

De quel enfant mâle s’agit-il ? Moïse fut son précurseur. Jésus est sa tête. Les fils de Dieu, étant nés et pas encore manifestés, appelés à partager le trône avec Jésus et à gouverner les nations avec une verge de fer ; ces fils constituent le corps de l’enfant mâle.

Qu’en est-il des filles de Dieu ? L’allégorie de cet enfant mâle inclut-elle les femmes ? Nous pourrions aussi nous interroger, si l’Eglise, la fiancée de Christ, inclut aussi les hommes ? Est-ce que Babylone, la Grande Prostituée et la mère des prostituées inclut aussi les hommes ? J’aimerais répondre par un oui emphatique à toutes ces questions ; Le mâle, dans les Ecritures, symbolise l’esprit et la femelle la chair. Le peuple qui marche selon l’esprit, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, sont des mâles spirituellement. Le peuple qui marche selon la chair, qu’il soit homme ou femme ; sont des femelles spirituellement. C’est cette sorte de femme qui devrait couvrir sa tête et garder le silence dans les églises ! Ainsi, les fils de Dieu sont ceux qui sont spirituellement mâles, sans distinction de sexe dans la réalité.

La naissance de ces fils est contestée par l’adversaire, mais leur survie est sûre, car ce qui est né de Dieu triomphe du monde.

La princesse prit le nouveau-né Moïse pour le garder au palais en Egypte et son avenir semblait assuré. De même, du temps de Joseph, il y eut un Hébreu dans le palais égyptien. Moïse était-il un sauveur ressemblant à son peuple ?

Pour en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie à la Travail and the Male Child

Son Nom

Nous allons maintenant considérer la signification du nom de Moïse. La princesse le nomma Moïse (Moshé), « parce que je l’ai tiré (mashah) des eaux » (Exode 2: 10). Le mot Moshé signifie «celui qui est sorti hors de ». En cela, nous pouvons voir deux choses. Premièrement, il fut lui-même tiré hors des eaux d’Egypte. Ces eaux représentent des choses terrestres et charnelles. Moïse en fut extrait par Dieu pour entrer dans le royaume céleste. Il devint alors celui qui peut en sortir d’autres. Ceci image en quelque sorte, qu’il tira les Israélites hors d’Egypte en dépit de grandes oppositions et difficultés.

Ici, aussi, Moïse est et n’est pas tout à la fois son plus grand successeur, Jésus. Jésus était d’en haut. Moïse, comme nous, était d’en bas. Pas Jésus. Il vint d’en haut pour retirer les autres du monde pêcheur et les attirer vers le haut.

L’enfant mâle, dont nous avons déjà parlé, est aussi appeler à s’élever vers Dieu et vers son trône.

Humiliation

Tandis que Moïse vivait dans le luxe et l’aisance au palais, le peuple de Dieu souffrait dans des épreuves et afflictions amères alors qu’ils étaient esclaves des maîtres égyptiens. Quand Moïse eut 40 ans, son cœur commença à s’émouvoir, et il se demanda s’il pouvait faire quelque chose pour améliorer leur sort. Peut-être que son esprit se souvint de Joseph, le grand héros national qui fut sorti de prison pour sauver son peuple de la famine et toute l’Egypte avec. Combien la place de Moïse facilitait, de par sa position au palais et l’éducation pleinement égyptienne qu’il reçut, son influence afin de les aider.

Le temps de Dieu n’était pas encore venu. Joseph, comme Jésus, était âgé de 30 ans quand il prit place aux côtés du Pharaon et commença son ministère. Moïse, bien que plus vieux de 10 années, n’était pas du tout préparé. Son espérance pour aider son peuple se termina par un échec total. Du palais, il ne pouvait rien faire. Il avait encore à apprendre les véritables fondements de l’autorité.

Moïse, à cette étape de sa vie, avait autorité en deux choses: celle que lui conférait sa position et celle du savoir. Il était prince, et il fut enseigné dans tout le savoir des Egyptiens. Beaucoup de gens aujourd’hui veulent servir Dieu en se basant sur l’autorité humaine. Qu’est-ce qu’il y a de mieux qu’une position influente en société et une bonne éducation ainsi que la connaissance des Ecritures pour proclamer la parole de Dieu ? Le peuple écoutera quelqu’un qui a un nom et occupe une position.

La véritable autorité de la filiation divine est totalement différente. Jésus n’avait aucune position dans la hiérarchie religieuse, mais il parlait avec une autorité que chacun lui reconnaissait. Il avait l’autorité du Saint Esprit, qui reposait sur lui. Son autorité n’était pas humaine mais divine. Moïse a dû être dépouillé de l’autorité humaine, et partager avec Jésus le chemin de l’humiliation.

En Philippiens 2, nous trouvons ces mots merveilleux: « Ayez cette attitude en vous-mêmes qui fut aussi celle de Christ Jésus, qui, bien qu’il existât en tant que Dieu, ne chercha pas comme une chose à conquérir de se faire l’égal de Dieu, mais se vida de sa propre identité pour prendre la forme d’un serviteur, et se faire semblable aux hommes. Et, étant trouvé en apparence comme eux, il s’humilia lui-même par l’obéissance jusqu’à la mort, même la mort sur une croix ».

Nos esprits limités ne peuvent aisément saisir la portée de ce changement. C’eût été sûrement suffisant pour Dieu de devenir homme, et d’être confiné dans un corps humain. Jésus alla au-delà. Il ne naquit pas dans une Rome magnifique, ni même à Jérusalem, mais dans la petite Bethléem ; non pas dans un palais, ni une maison, mais dans une étable. Il ne vécut pas dans une sorte de grand centre intellectuel comme Athènes, mais dans la ville de province de Nazareth. Il n’eût aucune éducation particulière ou travail important. Il passa les ¾ de sa vie d’adulte en tant que charpentier, avant les trois brèves années de prédication itinérante. Ses disciples ne faisaient pas partie de la jeune intelligentsia prometteuse de Jérusalem, mais étaient de simples gens de la Galilée. Sa carrière prit fin, selon l’opinion commune, dans une mort criminelle. Quelle destinée pour le fils de Dieu !

Moïse, plus qu’aucun autre de l’Ancien Testament, a eu un destin similaire. Il quitta la splendeur du palais d’Egypte pour prendre contact avec ses frères dans l’affliction. Il aperçut un Egyptien maltraitant un Hébreu, et alors il le frappa et le tua. Beaucoup de gens tentent de servir Dieu de cette façon, dans la puissance de la chair. Les résultats sont désastreux. Moïse fut contraint de s’exiler au pays de Madian. Alors, le seul travail qu’il trouva à faire fut de devenir berger, ce dont probablement dans toute son enfance, il entendit parler avec dépit. Genèse 46: 34 nous dit que tout berger était considéré comme une abomination aux yeux des Egyptiens !

Pour nous, les bergers ont une image positive. Leur nom même est un des noms de Jésus. Nous les comparons peut-être, de manière un peu surréaliste, à de petits agneaux broutant dans les champs verts sous le soleil printanier, comme cela est imagé dans les Bibles enfantines. Pour les Egyptiens, comme dans quelques parties du monde d’aujourd’hui, un berger était un vagabond sale, inculte et illettré. Moïse devint un berger.

Dans les pays de l’axe du Nord, il n’y a pas d’autre occupation qui soit plus généralement méprisé et traitée comme hors classe sociale. En Inde, il y a des classes telles que les balayeurs qui sont si basses qu’ils sont considérés comme intouchables. Les Brahmas sont le sommet de l’arbre social. Il y a beaucoup d’autres intermédiaires. Moïse quitta les Brahmas et rejoignit les intouchables !

Imaginez le prince Charles allant dans un pays éloigné et prenant un travail comme homme de ménage …Cela serait-il une comparaison plaisante ?

Bien que cela ne soit pas toute l’histoire, Moïse garda le troupeau de Jethro son beau-père, lisons-nous. Oui, pas son propre troupeau, ni même celui de son père, mais celui du père de sa femme. Tel fut l’homme qui avait été un prince d’Egypte.

Sans doute exprima-t-il sa peine intérieure quand il nomma son fils « Gershom » (un étranger ici). Joseph, également en exil, a triomphalement nommé son fils premier né « Manasseh » «causant l’oubli ». Il s’écria « Dieu m’a fat oublié toutes mes peines et toute la maison de mon père », et son second fils « Ephraïm » « fructueux », exprimant que Dieu l’avait rendu fertile dans la terre de son affliction.

L’exil de Joseph a abouti à une large propagation au-delà de toute imagination. La voie de Moïse, pour un temps du moins, fut la marque de l’ultime abaissement. Au temps marqué, il fut élevé plus haut que Joseph, mais en tout premier lieu il devait suivre le destin d’un plus grand que lui dont il était la préfiguration, et être Gershom « un étranger ici ».

Cette humiliation dura 40 ans, jusqu’à ce que tout espoir ou même tout désir de vivre quelque chose de meilleur soit éteint. Le chemin fut douloureux, mais fructueux. Nous apprenons plus tard que Moïse était très humble, plus qu’aucun autre homme sur la terre (Nombres 12: 3). Dans sa jeunesse, il n’était pas humble. Par nature, aucun homme ne l’est, et des gens qui vivent dans des palaces certainement moins que les autres. Les pauvres sont plus souvent humbles. Dieu fit un travail en Moïse afin d’ôter toute confiance orgueilleuse en lui-même pour produire en lui les caractéristiques suprêmes du plus Grand Homme à venir.

Beaucoup de gens sont attirés par le pouvoir et les privilèges de la position de fils de Dieu, mais ils ne voient pas qu’ils doivent en tout premier lieu suivre la voie de l’humilité. C’est seulement si nous souffrons avec Jésus que nous règnerons à la fin avec Lui. La filiation divine n’est pas un voyage égocentrique. Au contraire, c’est la mort de l’égo. Il présuppose que l’égo a été crucifié avec Christ.

Un Ministère Créatif

Nous avons réfléchi sur la période de préparation de Moïse. Nous devons maintenant considérer le ministère qui en suivit.

Moïse était un pionner spirituel. Il ne construisit pas sur des fondations mises en place par d’autres. La tâche que Dieu lui confia n’avait jamais été accomplie auparavant. C’était complètement nouveau, et d’une portée énorme.

Jésus fut décrit comme un prophète puissant en actes et en paroles du point de vue de Dieu et de tout le peuple (Luc 24: 19). Ce fut également vrai pour Moïse. Ses actions en Egypte, quand il étendit son bâton et fit descendre les plaies, furent visibles de tous. Leur impact fut immédiat et toute l’Egypte eut peur de lui.

Ses paroles eurent moins d’effet immédiat que ses actes, mais à plus long terme ce fut le contraire. Elles conduirent tout d’abord à la fondation d’Israël, le peuple que Dieu avait choisi pour être le véhicule terrestre de sa révélation. En conséquence, l’enseignement que Dieu lui donna devint la base du code moral pour la moitié du monde d’aujourd’hui.

Nous pouvons difficilement saisir l’impact et la signification de la vie et du ministère de Moise. Ainsi qu’il est déjà mentionné dans Deutéronome, « il n’y eut plus de prophète en Israël comme Moïse, qui voyait Dieu face à face ». Moïse lui-même avait dit « Le Seigneur votre Dieu fera lever pour vous un prophète comme moi, surgi d’au milieu de vie, du pays de vos pères, et vous l’écouterez » (Deutéronome 18: 15). Aucun de ceux qui vinrent ne purent lui être comparés jusqu’à l’arrivée de Jésus.

Tous les saints de l’ancien testament qui vinrent après Moïse furent en quelque sorte ses disciples. Nous constatons clairement cela en Elie. Elie était un grand homme de Dieu, mais il fut essentiellement un refondateur. Sa tâche fut d’inciter le peuple à revenir à la loi de Moïse. Le peuple s’était tourné vers l’adoration d’autres dieux, et avaient rompu l’obéissance aux commandements donnés par Moïse. Elie les défia de revenir à YHVH leur Dieu. Quand il exécuta la sentence de mort à l’encontre des prophètes de Baal, il agit selon la loi prescrite par Moïse.

Plus largement, ce fut le travail de tous ceux qui suivirent Moïse. Les prophètes, d’Esaïe à Malachie rappelèrent au peuple d’Israël la loi de Moïse. Le livre de Malachie se termine par les mots « Souvenez-vous de la loi de Moïse, mon serviteur … ».

Les choses que fit et dit Jésus étaient aussi nouvelles et révolutionnaires. Ceux qui furent envoyés pour l’arrêter dirent « Aucun homme n’a jamais parlé comme celui-ci ». Ses paroles et ses actes ont continuellement étonné ses disciples. Ils ne savaient jamais d’avance ce qu’il allait faire ou dire. Il était totalement imprévisible et innovant.

Il n’appela pas le peuple à revenir à la loi de Moïse. Ses paroles apparaissaient à son auditoire comme la destruction même des fondations que Moïse avait posées. Bien qu’il ne soit pas venu pour détruire mais pour accomplir. Je souhaiterais pouvoir revenir à ce temps et être un Juif 30 ans après sa venue, avec une parfaite connaissance des Ecritures et une totale ignorance de la tradition ecclésiastique. Quelle signification ces paroles auraient-elles prises pour moi ? Quelle aurait été ma réaction ?

Jean, dans l’attente de voir les effets bénéfiques de son ministère, conclut son évangile par ses mots: « Il y a encore beaucoup d’autres choses que fit Jésus que le monde entier, si elles étaient racontées en détail, ne pourrait contenir dans tous les livres qu’on pourrait écrire à leur sujet. »

Ceux qui ne connaissent pas la direction du Saint-Esprit seront toujours des imitateurs. Ils copieront toujours ce qu’ils ont vu faire par d’autres. Ils seront seulement capables de continuer ce qu’ils ont reçu des hommes. Paul note en Romains 8: 14 que « ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont les fils de Dieu ». Dieu est créatif. Le Saint-Esprit est aussi encore créatif. Ceux qui sont conduits par le Saint-Esprit de Dieu seront créatifs aussi. Leur pouvoir créatif ne sera pas fondé sur des dons naturels, mais sur l’inspiration de Dieu. Dans le monde naturel, la créativité repose sur l’imagination naturelle. La créativité du fils de Dieu sera la créativité de Dieu lui-même.

Un Ministère de Délivrance

Nous allons considérer l’un des aspects de la base commune entre Moïse, Jésus et les fils de Dieu. Ils sont tous envoyés pour délivrer. Moïse alla vers un peuple qui était esclave et le rendit libre.

Dans l’Evangile de Luc, Jésus commença son ministère public en lisant un passage d’Esaïe qui décrivait son engagement ; Etaient incluse la mission pour proclamer la libération des captifs et pour rendre libres ceux qui étaient enchaînés. En Jean 8: 32, il dit « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » et quatre versets plus loin « Si le Fils vous libère, vous serez réellement libres ». En Galates 5, Paul écrit « Demeurez fermes dans la liberté avec laquelle Christ vous a affranchis, et ne vous laissez pas enchaîner à nouveau. »

Si nous revenons au grand passage de Romains 8 sur la filiation divine, nous lisons au verset 21 que « la création toute entière sera aussi affranchie de l’esclavage de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu ». La liberté est l’essence même de la filiation divine.

Nous devrions nous attendre à voir et expérimenter la puissance de délivrance du Saint-Esprit dans nos propres vies, pour nous rendre libres. Les chaînes et les entraves de toutes sortes, connues et inconnues, seront brisées et détruites, comme il nous prépare pour la grande délivrance de la création toute entière qui est à venir.

Un Appel Particulier

Dans Nombres, chapitre 12, nous découvrons un épisode intéressant et instructif de la vie de Moïse. Myriam et Aaron l’attaquèrent par ces mots « Le Seigneur a-t-il vraiment seulement parlé à Moïse ? Ne nous a-t-il pas parlé à nous aussi ? » Ce qu’ils disaient était très plausible. Chacun d’eux avait une expérience dans le service de Dieu. Aaron fut le porte-parole de Moïse quand ils se trouvèrent devant Pharaon, et fut ensuite désigné comme grand prêtre. Myriam est décrite comme prophétesse dans l’épisode où elle incite les femmes à chanter et à danser (Exode 14: 20). Ce qu’ils disaient était donc vrai. Dieu avait parlé par leur intermédiaire. Mais ce n’était pas assez pour les placer au même rang que Moïse.

Au verset 3 de ce chapitre, nous trouvons la phrase «l’homme Moïse était très humble, plus qu’aucun autre homme sur toute la surface de la terre ». Moïse, comme nous l’avons vu, avait eu une expérience de vie qui l’avait rendu humble. A l’âge de 40 ans, il aurait pu être orgueilleux ; à 80 ans, il était un homme différent. Myriam et Aaron pouvaient avoir expérimenté le travail externe du Saint-Esprit. Ils n’avaient pas, comme leurs actions le montrent, connu la profondeur du travail intérieur de Dieu.

Dieu les convoqua alors tous les trois à la tente de la rencontre et leur dit: « Ecoutez bien mes paroles maintenant: s’il y a un prophète parmi vous, Moi, le Seigneur, je me ferai connaître moi-même à lui dans une vision. Je parlerai avec lui dans un rêve. Aucun n’est fidèle comme mon serviteur Moïse dans toute ma maison ; je parle avec lui bouche à bouche, même ouvertement, et pas de manière cachée, et il se tient face au Seigneur. »

Nous avons ici une claire distinction entre des prophètes tels que Myriam et Aaron, et Moïse, l’homme de Dieu.

Pour ceux qui ont peu de compréhension des voies de Dieu, quelqu’un qui peut prophétiser et exercer d’autres dons spirituels, peut passer pour un géant spirituel. Cependant, nous n’avons pas besoin de beaucoup de connaissance des Ecritures ou d’expérience de la vie d’église pour être convaincus que cela ne prouve rien. Le Roi Saul prophétisa parmi les prophètes au début de sa vie. Plus tard, il désobéit à Dieu et fut rejeté. Il fut alors troublé par un esprit démoniaque. Les vies largement publicitaires des Evangélistes américains par exemple de TV nous montrent la même histoire. Les hommes peuvent être utilisés par Dieu pour guérir et manifester d’autres dons spirituels et puis tomber dans de graves péchés.

Moïse connaissait Dieu d’une manière que ni Myriam ou Aaron ou encore d’autres prophètes ne connaissaient. Ils pouvaient être les vaisseaux spirituels d’une parole ou d’une vision de Dieu comme quelqu’un pourrait recevoir une lettre expédiée par la poste. Dieu certainement parle au travers d’eux, mais Dieu parlait à Moïse directement « face à face, tout comme un homme parle à ses amis » (Exode 33: 11).

Nous devons nous rappeler d’une histoire parallèle dans le nouveau testament. Dans Marc 10: 35-40, Jacques et Jean disent à Jésus: « Accorde-nous d’être assis l’un a ta droite et l’autre a ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. Jésus leur répondit: ‘Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptiseés du baptême dont je dois être baptisé?’ ‘Nous le pouvons,’ dirent-ils. Et Jésus leur répondit: ‘Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est préparé. »

Comme Myriam et Aaron, Jacques et Jean désiraient des positions élevées. Il y avait deux choses qu’ils ne pouvaient pas comprendre.

Premièrement, ceux qui vont régner avec Jésus, doivent premièrement souffrir avec lui. Les 144000 qui se tiennent devant l’Agneau sur la Montagne de Sion sont ceux qui suivent l’Agneau partout où il va. Ils ne peuvent le suivre sur le trône s’ils ne l’ont pas d’abord suivi dans les souffrances et les humiliations.

Quand nous pensons aux souffrances de Jésus, nos esprits se dirigent naturellement vers les dernières heures de sa vie. Quand nous pensons à ce que signifie souffrir avec lui, nous pensons peut-être à la souffrance de nos frères et de nos sœurs dans les pays communistes et autres pays qui affrontent la prison et la torture et autres privations pour leur salut. Il est juste de penser ainsi, et les Ecritures nous disent « précieuse à la vue du Seigneur est la mort de ses Saints » (Psaumes 116: 15).

Cependant, il est un aspect plus profond de ses souffrances. Ses souffrances physiques, aussi loin que nous pouvons les connaître, furent limitées aux dernières 24 heures de sa vie. Ses souffrances spirituelles continuèrent durant ses 33 années de vie terrestre. « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont point reçu » (Jean 1: 11). « Considérez celui qui a supporte contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs » (Hébreux 12: 3). Moïse connaissait ces souffrances car il avait expérimenté une continuelle opposition, non de la part des païens mais du peuple de Dieu lui-même. Ceux qui sont fils de Dieu connaîtront un destin similaire.

En second lieu, ceux qui règneront avec Jésus seront ceux que Dieu a choisi. Jésus annonce clairement « pour ce qui est de s’asseoir à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de le dire, mais c’est pour ceux qui y ont été préparés ». L’être humain pense naturellement en termes de production de masse. Ses machines produisent des centaines, voire des milliers d’articles identiques. Dieu créé avec une infinie variété. Pas même deux flocons de neige sont semblables.

L’ensemble des Ecritures nous enseigne que les gens ont des appels différents. Cette vérité est une insulte à l’homme charnel qui désire l’égalité pour tous. Maîtres et serviteurs, hommes et femmes, parents et enfants, rouge et jaune, noir et blanc, tous doivent être égaux. Dieu est le maître potier qui a le pouvoir sur l’argile pour faire de chaque grumeau ce qu’il souhaite. Notre part est de marcher humblement dans cet appel auquel il nous appelle.

Sous l’ancienne alliance, Dieu avait établi un ordre. Il avait choisi une petite nation parmi toutes celles qui habitaient la surface de la terre. De ce peuple d’Israël, il choisit une tribu, celle des Lévites, pour un appel spécifique. Parmi ceux-ci, il en choisit quelques uns pour être prêtres, et un parmi ces prêtres pour être le grand prêtre.

Dans le nouvel ordre de Dieu, tous ne seront pas égaux, mais le plus grand sera le serviteur de tous.

L’Esprit Transmetteur

L’histoire de l’ancien testament souffrit souvent d’un manque de continuité. Les bénédictions vinrent avec de grands hommes de Dieu tels qu’Abraham, Joseph et David, mais la bénédiction continua rarement au-delà de leur génération. Leur mort marqua la fin de leur travail. Bien des similitudes existent dans l’histoire de l’église.

Deux exceptions remarquables sont celles de Moïse et d’Elie. D’abord Moïse imposa les mains à 70 anciens qui reçurent l’onction du Saint-Esprit. Plus tard, il imposa les mains à Josué, dont le nom en Hébreu est la traduction de Jésus. Josué devint alors le successeur de Moïse et continua son travail.

De façon similaire, quand Elie disparu dans les cieux dans un chariot de feu, son manteau tomba sur Elisée. Tout le monde sut que l’esprit d’Elie était tombé sur Elisée qui fut capable d’accomplir le double des nombreux miracles faits par Elie.

En dépit de ceci, les dernières paroles de Moïse ne furent pas positives. « Je sais qu’après ma mort, vous tomberez dans la corruption et vous vous détournerez de la voie que je vous ai enseignée ; plus tard, un esprit mauvais viendra sur vous, car vous ferez ce qui est désapprouvé par Dieu, provoquant sa colère par le travail de vos mains » (Deut. 31: 29).

Jésus, au contraire, fut en mesure de dire: « C’est un avantage pour vous que je m’en aille ; car si je ne pars pas, le Consolateur (le Saint-Esprit) ne viendra pas vers vous… » (Jean 16: 7).

La puissance de reproduction est dans la semence, et la semence est dans le mâle. Quand les fils de Dieu se manifesteront, ils n’entraîneront pas la masse dans une dépendance d’eux-mêmes sans espoir. Ils partiront plutôt comme Jésus, et transmettront leur esprit à ceux qui viendront après eux.

La Mort de Moise

Comme Jésus, Moïse eut à la fois une naissance et une mort spéciales. Nous lisons dans le dernier chapitre du Deutéronome que Dieu l’enterra dans la vallée du pays de Moab, en face de Beth-Péor ; et que personne jusqu’à ce jour ne sait où se trouve sa tombe. Jude nous dit que l’archange Michel disputa son corps au diable, et nous voyons Moïse se tenant dans la résurrection, en compagnie de Jésus, sur la montagne de la transfiguration.

Même au moment de sa mort, à l’âge de 120 ans, nous lisons que la vue de Moïse n’avait pas faibli, pas plus que sa force. La Mort dut mener un dur combat pour le prendre, et ce fut un problème pour elle de le garder !

La Mort est le dernier ennemi qui sera détruit. Hénoch et Elie furent aussi capables de la vaincre, et furent emmenés directement à Dieu de leur vivant. Qu’est-ce que Dieu tient en réserve pour nous ? Je ne sais pas, mais au moins j’ai lu que ce corps corruptible sera transformé en un corps incorruptible, que ce qui est mortel deviendra immortel. La mort a été engloutie dans la victoire. Amen.

Conclusion

Pour finir, j’en reviens là où j’ai commencé. Le monde a besoin de quelque chose de mieux que ce qu’il a. Au début de ce 21ème siècle, ce monde hurle pour être délivré. Guerres, tremblements de terre et famines sont porteurs de misère pour des millions de gens dans le Tiers-Monde. Le monde dit développé a surmonté les problèmes de la pauvreté matérielle, et souffre vraiment d’une profonde pauvreté spirituelle et affective. Tout ceci se produit alors que l’homme bénéficie de plus de ressources qu’auparavant pour faire face à ses besoins.

Ce à quoi nous assistons est un travail d’enfantement à l’échelle planétaire. Paul décrit cet état dans romains 8: 19: 23. La création gémit et souffre les douleurs de l’enfantement comme elle attend la manifestation des fils de Dieu, qui sont à ce jour en préparation. La même chose se produisit sur une plus petite échelle quand les enfants d’Israël gémissaient sous l’affliction alors que Moïse était en formation dans le désert. Au temps voulu par Dieu, il vint, les fit sortir et les rendit libres.

Tout gouvernement humain, démocratique ou dictatorial, ne pourra jamais résoudre les problèmes mondiaux. Seul, un gouvernement divin apportera la justice, la paix et la prospérité. Dieu gouvernera par le truchement de ses fils qu’il est actuellement en train de former. Moïse fut un précurseur des fils de Dieu. Jésus est leur prototype et leur tête. Le temps pour que se manifeste son corps est en train d’arriver.

Pour tout ceux qui suivent cette voie, c’est un temps de préparation. Nous ne pouvons nous attendre à ce que cela soit facile. C’est un processus long, étroit et dur pour la chair. La transformation d’un des fils d’Adam à celle d’un fils de Dieu implique des opérations profondes et quelquefois douloureuses du maître Chirurgien. La récompense, si nous acceptons, est grandiose. Jésus, en raison de la joie à venir, endura la croix, faisant fi de la honte. Moïse, considéra que ce rapprocher de Christ était une richesse plus grande que tous les trésors de l’Egypte. Sachons voir, au-delà de nos tribulations courantes, la gloire qui est devant nous si nous marchons dans la voie de la filiation.

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