Babylone

Première partie : L'origine de Babylone

Au début du livre de la Genèse et à la fin du livre de l'Apocalypse, nous sommes renseignés au sujet de Babylone. La Genèse emploie le mot hébreu « Babel », tandis que l'Apocalypse utilise le mot grec « Babylone ». En fait, le thème de Babel ou Babylone est l'un de ceux que nous trouvons tout au long des Saintes Ecritures. Son origine se trouve dans Genèse, chapitre 11. Deux chapitres dans Esaïe (13 et 14), et deux grands chapitres dans Jérémie (50 et 51) sont consacrés principalement au jugement de Babylone. Le livre de Daniel fut écrit à Babylone et plus en araméen qu'en hébreu, mais l'araméen est le langage de Babylone. Les livres d'Esdras, de Néhémie, d'Aggée et de Zacharie traitent essentiellement de la sortie de Babylone et de la restauration de Jérusalem. A la fin du livre de l'Apocalypse, il y a deux chapitres (18 et 19) décrivant le jugement et la destruction de Babylone. Enfin, dans Apocalypse 18, versets 4 et 5, l'injonction : « Sors du milieu d'elle mon peuple, que vous ne soyez pas participants de ses péchés et que vous ne subissiez pas ses plaies ; car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses iniquités ». Si nous ne savons pas ce que Babel ou Babylone représente, nous ne pourrons même pas comprendre cette injonction – encore moins y obéir.

Il y a plus d'enseignements sur ce sujet que sur la fréquentation de l'église, le dernier repas du Seigneur, le baptême et beaucoup d'autres thèmes familiers. Nous ne pouvons ignorer ce que Dieu met en évidence dans les Ecritures.

L'histoire de la tour de Babel fait partie de beaucoup d'autres dans la Bible que la plupart d'entre nous ont appris peu ou prou depuis notre enfance. Nous avons appris que Dieu se mit en colère quand de simples créatures pensèrent qu'elles pouvaient construire une tour assez haute pour atteindre les cieux. Revenons à Genèse chapitre 11 et examinons l'histoire de plus près.

L'initiative divine

La première chose que nous voyons dans cette histoire est que Dieu ne donna aucune instruction pour ce genre de travail. Ce fut une idée purement humaine. Le chapitre suivant de Genèse est très différent. Il commence avec les mots: « Le Seigneur dit à Abram : « Va »». Abram quitta Ur en Chaldée non de sa propre initiative mais sur l'ordre de Dieu. Peut-être qu'il alla contre son gré, mais Dieu le bénit, et maintenant, il a sa place parmi les plus grandes figures de l'histoire biblique. Quand Moïse se leva de son propre chef pour délivrer les Israélites, il fut bientôt dans des problèmes et dut fuir à Madian. Quand 40 années plus tard il retourna, non de sa propre initiative mais sur l'ordre de Dieu, il accomplit une puissante délivrance. Il y a ainsi beaucoup d'autres histoires où ceux qui agirent selon l'ordre de Dieu reçurent Sa bénédiction. Dieu bénit seulement Ses propres plans. Jésus dit : « Toute plante que mon Père Céleste n'a pas planté sera déracinée » (Matthieu 15 : 13). Nous pouvons comparer le verset : « Ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l'Esprit est esprit ». (Jean 3 : 6) Dieu bénit seulement ce dont Il est le promoteur. Le secret de la vie de Jésus est que toute parole qu'il prononça et toute action qu'il fit, vinrent de la pensée de Son Père.

Pour rendre ce point plus clair, nous considérerons les mots d'ouverture de l'évangile de Jean : « Au commencement était la Parole … Toutes choses ont été créées par Lui ». Le premier chapitre de la Genèse montre comment la puissance créatrice de Dieu est dans cette Parole. Quand Il parle, des mondes sont créés. Quand Il est silencieux, rien n'arrive. Quand Dieu parla à Abraham et qu'Abraham répondit, ce fut le commencement du grand plan de Salut de Dieu pour toute l'humanité. Le grand effort humain de la tour de Babel fut bientôt réduit à néant.

Matériaux de construction

Ce qui s'ensuit dans cette histoire, est le choix des matériaux de construction. « Faisons des briques et cuisons les intensément ». Ces briques ont une signification. Premièrement, elles sont fabriquées de terre, et la terre représente la nature humaine. Des vaisseaux terrestres contenant la Gloire divine sont un bon symbole dans les Ecritures, mais la terre ou la nature humaine en tant que matériau de construction a une signification symbolique mauvaise. Les autels et les temples de l'Ancien Testament étaient en pierre – un produit naturel ne relevant pas de l'homme.

En second lieu, les briques sont produites en série. Elles sont toutes de même dimension et de même forme. C'est toujours le résultat de la religion humaine. Ses produits sont tous les mêmes. Les gens du monde recherchent la conformité. Ils se sentent en sécurité avec ceux qui se soumettent aux critères du groupe. Nous pouvons chercher dans les Ecritures deux hommes de Dieu qui se ressemblent sans pouvoir les trouver. Noé construisit une arche. Abraham vécut dans des tentes. Joseph devint premier ministre. Moïse délivra ses congénères. David fut un roi qui dansa devant le Seigneur. Dans le Nouveau Testament, nous découvrons Pierre, Paul et Jean, chacun avec un caractère et un ministère différents. Ils n'étaient pas des produits de série. Chacun fut formé et modelé par le Saint Esprit et fut transformé à l'image de son Sauveur. Ils n'étaient pas conformes au monde, et ils ne lui ressemblaient pas. Au lieu de cela, ils étaient conformes à l'image du Fils de Dieu. Dieu construit un temple fait de pierres vivantes, toutes ont des formes et des dimensions différentes, mais Il est un constructeur expert et il les assemble toutes parfaitement ensemble. Personne n'enviera la positon de l'autre, de même que chacun sera adapté à sa propre place.

Troisièmement, ces briques étaient fortement cuites. Le but était de les rendre dures. Il est très triste de voir un membre endoctriné par une secte religieuse. Il est comme un mur de briques. Il a été fortement endurci pour le rendre résistant à toute influence extérieure. Le véritable enfant de Dieu est fort, mais non dur. Sa force est celle du Saint-Esprit à l'intérieur de lui-même. Il n'a pas besoin d'une carapace impénétrable pour le protéger de l'incertitude du lendemain. Sa confiance est en Dieu.

Les briques, si elle sont simplement empilées les unes sur les autres, tomberont naturellement. Elles doivent être tenues ensemble. C'est pourquoi, ils utilisèrent du goudron comme ciment. Dans le temple que Salomon construisit, il n'y avait pas trace de ciment. Les pierres s'emboîtaient parfaitement les unes sur les autres. La religion de Babylone essaie de rendre possible toute approche pour créer et préserver une unité que les hommes n'ont pas. De telles églises ont besoin de leaders forts pour garder unis les fidèles. Ils dispensent de longues conférences pour sélectionner les différences doctrinales, et ils utilisent toutes sortes de pression sur ceux qui quittent leurs groupes. Combien différents sont les véritables enfants de Dieu. Ils sont dans l'unité. Ils sont tenus ensemble par l'amour de Dieu dans leurs cœurs. Ils sont unis par un seul Esprit. Aucune race, ni classe sociale, ni âge ni sexe n'est un sujet de division entre eux. Au-delà de ceci et de toute barrière humaine, ils se découvrent un. Ils sont enseignés par l'Esprit pour s'aimer les uns les autres.

Une ville

Au verset 4, nous lisons en ce qui concerne le plan des bâtisseurs et leurs motivations : « Venez, construisons par nous-mêmes une ville, et une tour qui aura son sommet dans le ciel, et faisons nous un nom ; de peur que nous soyons éparpillés au loin sur toute la surface de la terre ».

Leur intention était de construire une ville. Caïn fut le premier bâtisseur de cité dans les Ecritures (Genèse 4 : 17). Il fut aussi le premier fondateur de fausse religion. Il offrit à Dieu le fruit de son propre labeur, une offrande que Dieu ne pouvait accepter. Le bâtisseur de cité qui est venu aprèés, selon les Ecritures, fut le petit fils de Ham, Nimrod, dont le nom signifiait « Rebelle ». En fait, dès Genèse 10 : 10, il apparaît avoir été le leader dans la construction de la tour de Babel. Il n'en tira aucune leçon, car il continua sa rébellion en construisant plus tard d'autres villes. Dieu a ordonné à Adam, puis à Noé de remplir la terre. S'assembler en un seul endroit était cependant contraire à son plan. Pourquoi le firent-ils ? La raison est qu'ils voulaient être en sécurité. Des villes antiques ont toujours des fortifications pour protection. Du jour où Caïn tua Abel, il craignit pour sa propre vie (Genèse 4 : 14). Il désirait sécurité et protection et ne pouvait pas croire en Dieu pour cela. Nimrod, tout comme Caïn, était aussi un homme de violence (Genèse 10 : 8-9). Il désirait construire quelque chose pour se protéger des conséquences de ses mauvaises actions. Mais, pour nous, Dieu est notre refuge et notre force.

Abraham était l'opposé de Caïn et de Nimrod. Il vécut en sécurité à Ur, l'une des villes les plus avancées de l'Antiquité. Dieu lui dit de quitter son pays et ses parents et la maison de son père, et il partit. Cinq de ses ancêtres incluant Shem, le fils de Noé, étaient encore en vie, et probablement vivants à cet endroit. Ils purent être des hommes bons et fidèles, mais il les laissa sur l'ordre de Dieu. Nous lisons l'explication dans Hébreux 11 : 10, 13-16. Il eût une vision de la cité céleste et ne pouvait plus se contenter d'une contrefaçon terrestre. Dieu était d'une plus grande sécurité pour lui que la sécurité visible offerte par Ur. Il ne pouvait sacrifier sa relation avec Dieu pour des relations avec son entourage. Les yeux de sa foi virent la Jérusalem céleste et il dédaigna les cités terrestres. Plus tard, quand Lot alla vivre dans la ville de Sodome, Abraham continua à vivre dans sa tente. Il avait vu quelque chose de mieux. Puis, il devint le père de la Foi. La Cité Sainte, la nouvelle Jérusalem, vers laquelle il regardait, ne sera pas construite de briques terrestres. Elle descendra des Cieux, venant de Dieu, rendue prête comme une mariée parée pour son époux (Apocalypse 21 : 2).

Grandeur

Considérons maintenant la tour qu'ils avaient l'intention de construire. « Migdol », le mot Hébreu pour tour, vient de la racine « gdl » signifiant « être grand ». Nous pourrions l'appeler « grandeur ». Ils construisaient quelque chose d'énorme ! Il y a deux « grandeurs » dans les Ecritures. Premièrement, il y a la grandeur de Dieu qu'Il communique à ceux qu'Il a choisis et qui marchent humblement devant Lui. En Genèse 12 : 2, Dieu dit à Abraham : « Je ferai de toi une grande nation … et rendrai ton nom grand … ». Abraham ne chercha pas à obtenir cette grandeur. Elle devint seulement visible longtemps après sa mort. Joseph fut élevé à la noblesse sur la terre d'Egypte, mais pas par ses propres efforts. Ce fut Dieu qui l'éleva. Israël devint grand quand Dieu lui donna la victoire sous le roi David. Et Dieu éleva grandement Jésus parce qu'il s'humilia lui-même et fut obéissant jusqu'à la mort. Dieu « lui donna un nom qui est au-dessus de tout nom et fit en sorte que devant le nom de Jésus tout genou devrait fléchir » (Philippiens 2 : 8-10).

La deuxième sorte de grandeur s’élève elle-même contre Dieu. Goliath se dressa et défia les armées du Dieu vivant. Le roi Saül s’éleva au-dessus du peuple; il devint orgueilleux et Dieu le rejeta Nebucadnetsar érigea une grande statue haute de 60 coudées dans la province de Babylone, et plus tard il s’en vanta. « N'est-ce pas Babylone la grande que j'ai construite comme une résidence royale avec force et puissance et pour la gloire de ma propre majesté ? »

(Daniel 4 : 30). Alors que les mots étaient encore dans sa bouche, sa souveraineté lui fut enlevée et il fut conduit à manger de l'herbe comme un animal pendant 7 ans. A la fin, il sut que Dieu régnait et donnait le royaume à qui Il le souhaitait. Et dans Apocalypse, nous lisons encore « Babylone la Grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre » (Apocalyspe 17 : 5).

Un nom

« Faisons nous nous-mêmes un nom », dirent-ils. Quelle dérision ! Je crois que c'est la seule histoire dans toute la Bible où personne n'a un nom. Pas un nom parmi tous ces hommes n'est enregistré. Tout ce que nous lisons est le pronom « ils ». Leurs noms sont oubliés tandis que, maintenant, 4000 ans plus tard, le nom d'Abraham est connu dans le monde entier. Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi de longues listes de noms sont mentionnées dans les livres d'Esdras et de Néhémie ? Ce sont des gens dont les cœurs étaient fixés sur Jérusalem, qui quittèrent Babylone ; et Dieu avait fait inscrire leurs noms dans Son livre pour que chacun puisse le lire. Combien parfaites sont les Ecritures ! Combien infini est l'Esprit qui les écrivit !

Comment les gens aiment un nom, le nom d'un groupe ou d'un leader ou d'une doctrine ou d'un mouvement avec lesquels ils peuvent être identifiés ; un mot de passe qui les rendra acceptables. N'est-ce pas ce qui a manqué à Jésus ? « Nous savons que Dieu parla à Moïse ; mais comme pour cet homme, nous ne savons pas d'où il vient » (Jean 9 : 29). Si vous connaissez véritablement Dieu, vous ne demanderez pas aux gens le nom de leur église ou dénomination ou du leader pour trouver s'ils sont de votre bord et si vous pouvez en toute sécurité avoir une relation avec eux. Pierre n'a pas reconnu Jésus de cette sorte. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » « Bénis sois-tu Simon (qui veut dire « celui qui entend ») fils de Jonas », répondit Jésus. « Ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père dans les cieux. »

Plus vous apprenez à aimer le nom de Jésus, plus vous haïrez les noms des groupes et des dénominations. Plus vous l'aimez, plus votre relation avec les autres sera fondée sur cet amour. « Il n'y a pas d'autre nom sous les cieux qui a été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4 : 12). Plus précieux son nom est pour nous, plus insignifiant deviennent tous les autres noms. « Je suis de Paul » et « Je suis d'Apollos » n'a pas de place avec ceux qui aiment Jésus.

Jugement

Comment Dieu réagit-il aux hommes de Babel ? « Le Seigneur vient voir la ville et la tour que les enfants des hommes avaient construites ». Ce langage n'est pas mythologique. A Abraham, à Moïse, à Josué et aux autres saints choisis, Dieu apparut. A Babel, à Sodome et à son peuple en Egypte, nous lisons que Dieu descendit. Il descendit parce qu'ils étaient en bas.

Dieu vint et vit l'unité, et il la brisa ! Ce n'était pas le type d'unité qu'Il désirait. Jésus pria « Qu'ils soient Un, comme Je suis Un avec Toi, qu'ils puissent aussi être Un en Moi, afin que le monde croit que tu m'as envoyé ». (Jean 17 : 21). Il ne pria pas pour l'unité d'une organisation humaine. Nous nous unissions non pas en nous assemblant mais en venant à Jésus. Comme nous regardons à Lui, nous sommes attirés les uns aux autres dans une unité spirituelle, l'unité que Jésus eut avec son Père.

Dans l'unité, il y a la force. Combien le monde connaît cela ! Comme important cela est pour lui ! Dieu vit, au verset 6, que la construction de Babel était seulement un commencement, et qu'à moins qu'Il n'intervienne, il n'y aurait pas de limites à ce qui s'en suivrait. Babel fut le commencement d'un grand royaume rival. Dieu a programmé depuis le tout début que l'homme domine la terre, mais cela ne peut se faire qu'avec l'être humain, en union et en dépendance avec Dieu. Le royaume de Dieu – pas le royaume de l'homme - est l'espérance de toute la création. Babel fut le commencement d'une grande substitution à l'ordonnance divine, une grande contrefaçon de ses desseins. « Moi, le Seigneur votre Dieu, Je suis un Dieu jaloux » lisons-nous dans le deuxième commandement, et Il ne tolérera aucun rival. Le jugement tomba rapidement sur Babel, et il advint sur le royaume de Babylone du temps de Belshatsar, et sur la Babylone spirituelle dans le livre de l'Apocalypse. Dieu rendu confus leur langage de sorte qu'ils ne pouvaient plus se comprendre les uns les autres. Il les dispersa alors sur toute la surface de la terre.

De nos jours, nous sommes dans un monde où les hommes ne comprennent pas le langage d'autrui. En religion, en politique et dans les affaires, le jugement de Babel est toujours actuel. La religion, au travers de l'histoire, a été la cause de guerres sans fin et sanglantes.

Que représente Babel ou Babylone aujourd'hui ? Avant que nous répondions à cette question, nous devons examiner nos propres cœurs et nous demander : Est-ce que Babel est en toi ou en moi ? . Est-ce que ton histoire est écrite dans Genèse 11 ou dans Genèse 12 ? Es-tu conduit par l'Esprit de Dieu comme Abraham ? Ou fais-tu tes propres plans et espères-tu que Dieu va les agréer ? Essaies-tu de bâtir ta propre construction avec des briques faites par l'homme ? Ou es-tu en train de devenir une pierre vivante dans le Temple de Dieu ? Cherches-tu la sécurité dans les systèmes humains ? Ou es-tu en train d'apprendre à faire confiance à ton Père Céleste ?